la forêt sauvage


Rimer « forêts sauvages » avec « rivages »

Trouver une forêt en libre évolution en montagne ou en plaine est possible en France. Mais le cas d’une vieille forêt naturelle en bordure de plage est plus rare, hormis les forêts en replis derrière les dunes dans les Landes. Nous manquons de ces forêts référentielles ! En fait, une diversité de configurations concernant les forêts de rivages marins et lacustres serait carrément souhaitable ; autant pour la richesse d’habitats naturels que pour notre culture des perceptions. Il y a les forêts dunaires, les forêts de falaises, les forêts de « valleuses »
(les vallons normands qui descendent vers la mer), les forêts
d’abers (ces anfractuosités bretonnes du rivage), les forêts insulaires… Différents profils paysagers pourraient se prêter à la diversité des ensauvagements littoraux et offrir des faciès paysagers très différenciés. Sans doute, ce sont les estuaires les moins mal pourvus en reliquats pour nous suggérer cette nature d’interface. Mais toujours dans cette nature potentielle, nous manquons de stades vraiment matures. D’autant que lorsqu’il s’agit de pinèdes, l’espérance de vie de ce type d’arbre étant assez courte, nous pouvons nous attendre à ne pas retrouver l’attractivité des vieilles
forêts continentales. Ces lieux peuvent toutefois gagner en puissance d’oubli avec le lierre grimpant, les vieux genévriers directement en interface entre la dune et les herbiers de posidonie comme en Corse. Avec des vieux chênes verts plus prometteurs en espérance de vie comme en Vendée, le paysage peut s’affermir plus encore en puissance… En Bretagne, certains rivages qui ont été replantés en cyprès de Lambert venus de Californie peuvent constituer une nature férale de caractère. Mais ce n’est pas tant pour les espèces d’arbre que je rêve d’un ensauvagement du littoral mais pour les évolutions morphologiques des arbres confrontés aux éléments naturels du grand large. Il est tonique de sentir une forêt sur falaise soutenir sa lisière avec l’océan. En effet, nous
la voyons directement faire face par des frondaisons rétractées, collées au sol qui peu à peu s’élèvent. Les arbres en première ligne servant de coupe-vent à ceux qui suivent, nous voyons ensuite la forêt se redresser et se déployer à mesure plus en retrait des pressions touristiques. Le littoral français ayant été tellement humainement investi, on ne peut guère prétendre qu’à la première option. Mais elle aurait pour mérite de permettre aux populations un nombre notoire de lieux de réenracinement pour qu’elle ne se retrouve pas à sur fréquenter la part congrue seulement concédée par la sylviculture. La pérennité en conservation de nature n’apparaît convaincante qu’en fonction de l’enracinement conscient d’une population.
Donc n’oublions pas le littoral ! Bernard Boisson



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