Une publication du SIBA a été distribuée dans chaque boîte aux lettres des citoyens durant la deuxième quinzaine d’octobre 2024. Sa lecture nous a laissé dubitatif. D’une part, les travaux annoncés ne pourront résoudre les problèmes d’engorgement des tuyaux d’eaux usées que dans X années. Que fait -on dans l’immédiat ? Pourquoi n’y a t-il pas de solutions fondées sur la nature comme notre groupe de travail informel d’Andernos l’avait préconisé ?
D’autre part, il a paru intéressant de connaître la répartition de la somme entre assainissement des eaux usées, la nouvelle station d’épuration, les réseaux, le pluvial et les zones humides. On constate que le surplus d’investissement consacré par le SIBA, sur ces deux lignes ; eaux usées et eaux pluviales, est faible: 23,9 M€, soit 4,78 M€ par an pendant 5 ans. La pollution du Bassin d’Arcachon par nos eaux usées risque de se prolonger.
Deux questions. La nouvelle station d’épuration d’Andernos va rejeter ses eaux traitées dans le milieu naturel avec tout le problème des résidus de produits chimiques (médicaments, détergents, tensio-actif) non traités par les stations d’épuration… Il faut demander un niveau supérieur de traitement comme cela se fait pour les eaux usées des hôpitaux.
Enfin une note humoristique : La station d’épuration d’Andernos serat-elle à côté ou à la place de la nouvelle piscine ?
Cette somme se répartirait ainsi: (en millions d’euros)
Pour l’assainissement des eaux usées: 105
Pour une nouvelle station d’épuration entre Lège et Andernos 30
Pour les réseaux à raison de 15 par an pendant 5 ans : 75
Pour le pluvial: 9 -de 2024 à 2026, en moyenne 2 M€ par an soit:6-de 2027 à 2028, en moyenne 1,5 M€ par an, soit: 3 soit en moyenne 1,8 M€ par an
Pour les zones humides: 5 M€
On retrouve bien un total arrondi à 120 M€, soit en moyenne 24 M€ par an.
On retrouve aussi, les 11 M€ annoncées en mars dernier que l’on retrouve sur deux lignes: pluvial, pour 2024 à 2026, soit 6 M€, et zones humides pour 5 M€. Mais il faut surtout comprendre que ce montant de 120 M€ ne se rajoute pas aux montants moyens investis annuellement au cours des années passées. Combien auparavant? Pour l’assainissement des eaux usées:78,4 M€ C’est la somme dépensée en investissements entre 2019 et 2023 selon le Rapport sur le Prix et la Qualité du Service pour 2023 établi par le SIBA, soit 15,68 M€ en moyenne par an. Pour le pluvial:12,7 M€ Ce total est celui des investissements consacrés au pluvial entre 2019 et 2023, soit 2,54 M€ en moyenne par an. Pour les zones humides: non communiqué. Si il existe un programme de restauration des zones humides, Rezhilience nous n’avons pu identifier les montants consacrés par le passé. Nous n’en tiendrons pas compte dans les comparaisons .Soit un total, hors zones humides de 91,1 M€
Ces informations nous ont aimablement été communiquées par l’association Arc’eau.
Commentaires de l’association Arc’eau. En réalité, un programme bien maigre? Sera-t-il suffisant? Pour l’assainissement des eaux usées: on passerait d’un total de 78,4 M€sur 5 ans à 105 M€. L’augmentation de 26,6 M€ s’explique par + 30 M€ pour une nouvelle station, mais donc une baisse de–3,4 M€ sur la partie réseau. La baisse sur la partie réseau est plus importante si l’on tient compte de l’inflation. Pour le pluvial: le budget consacré aux investissements sur le pluvial serait en baisse à 9 M€ sur 5 ans contre 12,7 M€ sur la période antérieure, -3,7 M€, soit –29 %. En 2018, le président du SIBA déclarait que le coût du pluvial, investissements et fonctionnement compris, avoisinerait les 8 M€. Depuis le 1erjanvier 2018, les sommes consacrées au pluvial sont en moyenne de 3,9 M€, soit moins de la moitié.
Conclusion : Alors que le SIBA avançait que son système d’assainissement était efficient puisqu’il collectait et traitait les effluents de près de 400 000 personnes l’été, c’est ce service qui va bénéficier de la hausse des investissements avec la construction d’une station d’épuration des eaux usées, 30 M€, mais aussi une diminution des investissements consacrés aux réseaux, -3,4 M€ pour le réseau d’assainissement, et paradoxalement -3,7 M€ pour le pluvial. En définitive le surplus d’investissement consacré par le SIBA, sur ces deux lignes eaux usées et eaux pluviales, est bien faible: 23,9 M€, soit 4,78 M€ par an pendant 5 ans. Il y a de quoi se demander pourquoi le SIBA a autant attendu pour répondre à un problème connu depuis 2021. Il faudra aussi attendre pour connaître son efficacité. Il est sûr que pour l’hiver 2024-2025, les ostréiculteurs ne devront leur salut qu’à une faible pluviométrie, sauf à tenter de développer des solutions palliatives. Il risque d’en aller de même jusqu’à la mise en service de la STEP projetée.

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