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Vases portuaires : un destin particulier

Nous sommes accueillis (11 personnes) par Benoît Anguenot, responsable du site de Sovasol sur la commune du Teich.
Ce site a été créé par un arrêté préfectoral le 20/12/2013 suite à l’appel d’offres de la mairie d’Arcachon pour le traitement des vases portuaires . Ce site fait 14 hectares et appartient à la commune du Teich qui le loue à Sovasol, filiale de Solvalor Aquitaine. Il contient deux bassins de traitement de 15.000 et 20.000 m3 (en m² cela correspondrait à 1,5 et 2 ha).
Le marché vaut pour 10 ans. Tous les deux ans, entre janvier et mars, le port est dragué au moyen d’une pelle sur ponton, à partir des 30 premiers cm, et ce limité aux vases récentes, exemptes des traces de peintures antifoulings (antisalissures) contenant du TBT (tributylétain*) aujourd’hui interdit. Les vases sont mises dans des barges amarrées au quai et transvasées dans des camions capitonnés et étanches. Une rotation de camions amène les vases sur le site ; 50 camions par jour du 6 janvier au 31 mars.
La durée du cycle de traitement est de 3 ans maximum. Chaque sédiment est tracé, muni d’un numéro de CAP (Certificat d’Acceptation Préalable), avec un bordereau de suivi des déchets. Les déchets sont analysés. Si le taux de produits chimiques (seuls cités, les métaux lourds, seuils non précisés) dépasse les normes, les vases sont refusées et partent pour une déchetterie de déchets ultimes.
Le traitement se fait par décantation et évaporation de l’eau dans un bassin rendu étanche par une membrane PAHD et un géotextile ; dépôt, reprise, malaxage des sédiments pour homogénéiser et ajout d’un liant si nécessaire (on croirait une recette de cuisine) et obtention d’un substrat « inerte » qui peut être valorisé.
Ces sédiments ne contiennent que 4 à 5 % de matière organique ce qui explique l’absence de mauvaise odeur sur le site de traitement.
Une fois traités, les sédiments sont vendus au BTP et utilisé comme sous-couche de remblai routier, digues, merlons paysagers. Ce matériau est présenté comme stable, résistant au roulement, neutre chimiquement donc dépourvu de conséquences défavorables sur l’environnement.
Les mettre sur les champs ou dans la forêt après une coupe rase ne paraît pas être une bonne idée. D’autant qu’on ne connaît pas réellement leur composition. L’analyse chimique ne va chercher que quelques produits chimiques mais ne fera pas un inventaire exhaustif.
La gestion du site n’est pas vraiment écologique mais l’existence de nuisances dangereuses semble avoir été écartée : membrane étanche des bassins de décantation, fossés périphériques ceinturant tout le site pour prévenir les conséquences néfastes du débordement d’un bassin. Reste le coût énergétique (non évalué) de l’ensemble de la démarche, depuis l’extraction des vases, le chargement, le transport sur plusieurs dizaines de km, puis l’extraction depuis les bassins de décantation, l’épandage, la reprise et la mise en andains et enfin, la reprise des andains jusqu’à obtenir une teneur en eau suffisamment faible pour être compatible avec une valorisation BTP.
Ces malaxages nécessitent l’intervention de gros engins type bulldozer qui consomment beaucoup de carburants. Somme toute, le sédiment est dragué, transporté, traité puis étendu, malaxé, étendu, malaxé, étendu, compacté, rechargé dans un bassin puis rechargé dans un camion pour aller constituer un remblai d’autoroute…
Nuisances à signaler : beaucoup de poussières et gaz d’échappement dégagés lors de la reprise et le brassage des sédiments par les gros engins de chantier, les poussières reprises par le vent sont aujourd’hui en grande partie arrêtées par la ceinture forestière du site.
A noter : nous avons été accueillis par des oiseaux qui ressemblaient à des avocettes et piaillaient à qui mieux mieux contre nous. Une famille de canards avec canetons nageait sur un bassin, des passereaux passaient. Des plantes (dont du pavot) recolonisaient les andains et les digues mais seront détruites lors du prochain malaxage.
Emploi :Actuellement deux salariés de Sovasol travaillent sur le site. Les emplois de personnel conducteurs de camion et d’engin sont externalisés sur des entreprises de Travaux publics de la région.
Aspect positif : le port est de nouveau navigable, les nouveaux sédiments créés peuvent éviter de détruire des plages ou des montagnes pour récupérer des matériaux de construction.
Aspect négatif : consommation d’espace, consommation de carburants, émissions de CO2, parfois destruction de couvées ou de plantes.
Facteur de progrès : on pourrait, mais en consommant plus d’espace, faire du lagunage plutôt que du malaxage.
Communication : à améliorer car beaucoup de personnes ignorent que les 400 mètres de route qui amènent au site ont été consolidés avec des remblais venus du site.
Conclusion : malgré un manque d’information précisant les seuils de tolérance des composés chimiques dosés et exactement lesquels ? (Une recherche fouillée serait à rechercher dans le guide SEREMA édité par l’Etat), et un bilan énergie + CO2 de l’ensemble de la chaine de traitement, il nous faut bien constater qu’il n’existe actuellement pas de meilleure solution pour le traitement, la traçabilité et la valorisation des vases portuaires. compte rendu écrit par Michel Arbez et Clarisse Holik

* Les tributylétains sont un groupe de composés organostanniques contenant le groupement (C4H9)3Sn tel que l’hydrure de tributylétain ou l’oxyde de tributylétain. Ce sont de puissants biocides, toxiques pour les végétaux et d’autres organismes. Pour cette raison ils ont été les principales substances actives de certains biocides pour le contrôle d’un large spectre d’organismes. Ils ont été utilisés comme pesticides et dans les antifoulings dès les années 60 mais surtout dans les années 70 avec l’explosion de la construction navale et de la plaisance.
Ces composés sont à présent inclus dans la Convention de Rotterdam et ont été bannis par l’Organisation maritime internationale .
Ils se sont avérés être aussi des leurre hormonaux capables à faible doses de masculiniser les femelles de certaines espèces aquatiques, et on peut craindre des effets similaires sur d’autres espèces, dont l’Homme. De nombreuses alternatives sont testées ou vendues, mais rares sont celles qui ne semblent pas poser de problèmes d’environnement ou de santé.
Ce sont des polluants de l’annexe 2 de la stratégie de l’OSPAR. Comme le plomb, ils sont interdits dans les peintures qui en contenaient 20 % à la fin des années 1980 et qui en Europe n’en contiennent théoriquement plus .

Fonctionnement du Bassin d’Arcachon par Jean-Marie Froidefond

Le Bassin d’Arcachon fonctionne un peu comme nos poumons (poster n°1). Par l’intermédiaire de la marée, les eaux marines pénètrent dans le Bassin et renouvellent en partie l’eau, sauf au fond du Bassin où elle se renouvelle moins souvent, d’où des niveaux de pollutions plus élevés (poster n°2). Les pollutions dues aux activités humaines s’accumulent (pesticides agricoles, antifouling, turbulences dues aux hélices, bruits, pollutions par ruissellement…) Le poster n°3 montre comment, à notre niveau, nous pouvons utiliser des alternatives (déplacement par des transports en commun, à vélo, à pied, utilisation de produits moins nocifs pour l’environnement, pour les loisirs nautiques le bateau à voile ou le canoé…)

Banc d’Arguin

Entourées en rouge les trois ZPI (Zone de protection intégrale).. On constate que les plaisanciers ne sont pas à plaindre. Par contre, le comportement de certains qui encourge la polémique est à blâmer.

Arrêté du 13 juin 2019 portant création de zones de protection intégrale au sein de la Réserve naturelle nationale du banc d’Arguin Cet arrêté découle du décret du 10 mai 2017 portant modification de la réserve naturellenationale du banc d’Arguin. Il instaure des zones de protection intégrales dans lesquelles l’accèsest interdit, afin de préserver différents enjeux de la biodiversité : nidification des oiseaux,habitats terrestres et habitats de l’estran sableux

http://www.infobassin.com/politique-economie/edito-oeil-beurre-lenoir-arguin-tourisme.html

Arrêté ARGUIN ZPI pour 2019

Bruant ortolan : une disparition programmée.

« Si on continue à chasser l’ortolan, on fera disparaître l’ortolan et la chasse à l’ortolan », dit à l’AFP Frédéric Jiguet, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, et auteur principal de l’étude publiée mercredi 22 mai 2019 dans la revue américaine Science Advances. https://advances.sciencemag.org/content/5/5/eaau2642.abstract

 » En France, la chasse illégale du bruant Ortolan Emberiza hortulana, menacé d’extinction, a été défendue au nom de la tradition et de la gastronomie. Les chasseurs ont fait valoir que les bruants d’Ortolan pris au piège dans le sud-ouest de la France proviennent de populations importantes et stables dans toute l’Europe. Pourtant, la Commission européenne a renvoyé la France devant la Cour de justice de l’Union européenne (UE) en décembre 2016 pour infractions à la législation (IP/16/4213). Or, les chercheurs ont démontré que les bruants ortolans qui migrent à travers la France proviennent des populations du nord et de l’ouest, qui sont petites, fragmentées et en déclin. La modélisation de la viabilité des populations a également révélé que le prélèvement dans le sud-ouest de la France est loin d’être durable et augmente le risque d’extinction. Ces résultats fournissent les preuves scientifiques suffisantes pour justifier l’interdiction de la chasse à l’ortolan en France.

Les auteurs de ce blog rajoutent qu’avec le bruant ortolan, les rouge-gorge, mésanges et autres oiseaux familiers peuvent être pris dans les pièges et seront ensuite consommés sous le nom d’ortolan.

Un risque d’extinction de 66% d’ici 100 ans ?

Le plus optimiste des scénarii conduirait à un risque d’extinction de 66% d’ici 100 ans, si le braconnage était réduit de 15 000 oiseaux par saison (une ancienne étude estimait à 30 000 le nombre d’ortolans chassés par an en France, et c’est le nombre que réclamaient les chasseurs dans une demande de dérogation en 2013). « Prélever 30 000 oiseaux en automne parmi ceux qui passent en France, c’est une part non négligeable de contribution au déclin de l’espèce« , dit Frédéric Jiguet.

Comme tous les oiseaux des champs, les ortolans sont aussi victimes de l’agriculture moderne, de la baisse des populations d’insectes, des pesticides… Mais la chasse, qui se pratique notamment dans les Landes, en Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne et Pyrénées Atlantiques, joue bien un rôle considérable.

« L’arrêt de la chasse donnerait en moyenne deux fois plus de chances à l’ortolan de s’en sortir », résume Frédéric Jiguet. « Cela ne va pas forcément le sauver. Après, il faudrait changer le modèle agricole« .

les références :

Science Advances  22 May 2019:
Vol. 5, no. 5, eaau2642
DOI: 10.1126/sciadv.aau2642

la revue :

Science Advances a été créée en février 2014 et la revue a publié ses premiers articles début 2015 [2]. Au milieu de l’année 2018, le journal a publié l’un des facteur d’impact les plus élevés de tous les journaux en libre accès. https://fr.wikipedia.org/wiki/Science_Advances

Huîtres interdites de consommation… une réserve nationale naturelle, le Banc d’Arguin, atteinte par les Escherichia coli…

Entre le jeudi 6 juin 2019 et le vendredi 14 juin 2019, la consommation d’huitres élevées sur le banc d’Arguin a été interdite. En effet, les analyses de l’Ifremer ont revélé, le 5 juin 2019 la présence dans 100 grammes de chair d’huîtres de plus de 5.700 Escherichia coli

« Les symptômes provoqués par E. coli apparaissent entre 3 et 8 jours après l’infection », dit l’Institut Pasteur. « Il s’agit de douleurs abdominales et de diarrhées, lesquelles peuvent évoluer vers des formes sanglantes. Des vomissements et de la fièvre peuvent aussi survenir. »

Le banc d’Arguin (avec juste deux bateaux) en octobre 2017. Depuis il a changé de forme…

crédit photo clarisse@holik

D’où viennent ces bactéries ? Des excréments humains.

En filtrant l’eau, les coquillages concentrent les micro organismes présents dans l’eau. Aussi, la présence dans les eaux de cette bactérie – commune du système digestif – potentiellement pathogène pour l’homme, peut constituer un risque sanitaire lors de la consommation de coquillages. Les Escherichia coli sont ainsi recherchés comme indicateur de contamination fécale

Selon l’Ifremer, « la contamination microbiologique du milieu littoral est liée aux apports de diverses origines, parmi lesquels les rejets anthropiques urbains et agricoles. La qualité microbiologique du milieu qui en résulte conditionne les activités littorales dont la pêche et l’élevage des coquillages. »

Et d’ou viennent ces rejets humains ? Des toilettes mais deux origines sont possibles les eaux usées des habitants du bassin et/ou des humains qui ont fréquenté en ce pont ensoleillé de l’Ascension le banc d’Arguin. Il y a 70 ans, alors qu’il n’y avait pas le tout à l’égout autour du bassin, nous aurions écrit « des toilettes qui se jettent directement dans la mer ». Aujourd’hui le tout à l’égout existe. Il fait, sous la piste cyclable du bassin, le tour du bassin, arrive à l’usine de traitement des eaux du Teich où les eaux sont traitées. Puis, partiellement assainies, rejetées au warf de la Sallie. Loin de se diluer dans l’océan, ces eaux sont ramenées vers le banc d’Arguin par les courants côtiers. Mais ce phénomène est constant sur l’année et les Escherichia coli sont neutralisées par l’usine de traitement des eaux. On peut aussi penser que le pont ensoleillé de l’Ascension a favorisé la fréquentation du banc d’Arguin et que les gens n’ont pu maîtriser leurs envies… On nous avait pourtant juré que tous les bateaux maintenant étaient équipés de collecteurs d’eau noire… Il faut croire que certains ont échappé à l’équipement… Quoi qu’il en soit, c’est une pollution, une atteinte à la santé des humains et une atteinte au lieu. Nous rappelons que le banc d’Arguin est une réserve nationale naturelle et non un parc de loisirs.

Cet évènement donne une image négative du Bassin d’Arcachon…. Nous proposons trois mesures : 1 équiper toutes les plages du bassin de toilettes sèches (et oui cela fait 5 ans que nous le demandons pour la plage boisée du Bétey!)

2 Restreindre la fréquentation du banc d’Arguin.

3 Distribuer à tous ceux qui débarquent une notice leur disant de ne pas confondre réserve nationale naturelle et toilettes !

Changements climatiques et monde vivant

conférence ce mardi 7 mai 2019 à la maison des associations de Gujan-Mestras http://www.infobassin.com/politique-economie/edito-oeil-au-beurre-de-lenoir-expo-gujan-environnement.html

expo mer et oceans gujan 05 19
conference changements climatiques gujan 05 19

gujan mer et oceans ressouches

mardi 7 mai conférence illustrée « Changements climatiques et monde Vivant » par

M. Claude Dejoux, scientifque spécialiste du milieu aquatique et entomologiste (voir la biographie très riche du conférencier)

A 19 h à la Maison des Associations


Jeudi 9 mai 

Exposition « Mers et Océans » à la Maison des Arts pour découvrir

Les photos sous-marines de Véronique Ressouches, plongeuse passionnée depuis 20 ans : beauté, diversité et fragilité des océan.

-Les superbes photos de cétacés de Franck Jouandoudet,

Les photos environnementales, artistiques, les reportages des actions menées par l’association

Et aussi…

la submersion marine, le travail d’une artiste plasticienne, les ateliers de sensibilisation, le stand de la « vie des abeilles », un film sur l’ostréiculture du Bassin…

A la Maison des Arts,  de 9h à 12h et de 14h30 à 18h.


Jeudi 9 mai

conference zosteres gujan 05 19

Conférence « Les herbiers de zostères, une richesse essentielle à la vie du Bassin » par Benoit Dumeau, Chargé ce mission Ecosystèmes marins au Parc naturel marin du Bassin d’Arcachon. Une conférence qui devrait intéresser les ostréiculteurs, les défenseurs de l’environnement et les amoureux du Bassin.

A 19 h, maison des associations


Vendredi 10 , samedi 11, dimanche 12 mai

Exposition « Mers et Océans »à la Maison des Arts – Même programme.  Fin de l’exposition à 19h.


Les conférences et exposition sont gratuites et… sans subvention. Contact Mme Rossi 05 57 52 46 01 ou gujan-mestras.environnement.33@orange.fr

Encore une occasion perdue pour la biodiversité

COMMUNIQUE DE PRESSE ASPAS, LPO, SNPN, SURFRIDER, HUMANITE ET BIODIVERSITE, SFEPM, OPIE, FNE…..
Les conclusions du Grand Débat National :


Les conclusions du Grand Débat National :

La crise actuelle de la biodiversité, cette sixième « extinction de masse » des espèces vivantes que confirmera le rapport à venir de l’IPBES sur la biodiversité, ne semble malheureusement pas toucher notre Président de la République. Les conclusions du Grand Débat National sont pour nos associations une vraie déception au regard des enjeux et de notre engagement pour la préservation et la restauration de notre patrimoine naturel.

Nos associations ont été invitées à participer au grand débat national, et même à contribuer à son animation. Nous y avons répondu « présents » : information de nos adhérents, organisation de débats, dépôt de contributions, participation aux journées thématiques pour alimenter les conférences régionales de citoyens. Il nous semblait en effet important de montrer à cette occasion avec les Français, avec nos adhérents et partenaires, à quel point la préservation de la biodiversité et sa « reconquête », après des décennies d’érosion, sont nécessaires à une véritable transition écologique et solidaire. Il s’agissait aussi, comme l’avait annoncé le Premier ministre le 4 juillet dernier lors du lancement du Plan biodiversité, de « parvenir en 2020 à une prise de conscience générale comparable à celle qui a eu lieu sur le climat en 2015 ». Il s’agissait surtout de défendre un bien commun, notre patrimoine naturel, loin de tout esprit partisan. Nos messages ont trouvé un écho auprès des citoyens. Citons par exemple cet extrait de la Synthèse des Conférences Citoyennes Régionales : « Malgré cette prise de conscience générale et les initiatives citées, l’action n’est pas à la hauteur des enjeux. Elle n’est ni assez rapide, ni assez ambitieuse face à une situation très inquiétante de notre planète : pollution de l’air et des sols, réchauffement climatique, épuisement des ressources, chute rapide de la biodiversité, disparition des espaces naturels à cause d’une urbanisation débridée ». Lors de la restitution du Grand débat le 8 avril, le Premier ministre avait montré qu’il avait perçu cette urgence dans le domaine climatique : « La dernière exigence est une urgence, une urgence climatique dont les Français ont une claire conscience ». Nous espérions donc qu’il en était de même au sujet de la biodiversité pour le Président de la République. Hélas, quinze jours après cette restitution solennelle, et alors que notre pays va accueillir à la fin de la semaine la 7e réunion plénière du groupe d’experts internationaux sur la biodiversité (IPBES), puis un sommet du G7 ayant la biodiversité à son agenda, aucune des annonces du Président de la République n’est venue répondre à ces attentes.

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Nous sommes inquiets. Comment notre pays, qui affirme sa volonté d’être, au niveau international, un acteur majeur de la mobilisation en faveur de la biodiversité (dont déclaration franco-chinoise du 25 mars 2019 en préparation de la conférence de Pékin de l’automne 2020, accueil du congrès mondial de l’UICN à Marseille en juillet 2020), peut-il être crédible en tenant aussi peu compte de ces enjeux dans sa politique intérieure, tant en métropole qu’en Outre-mer ? Comment, alors qu’ils viennent d’afficher leur attachement à notre patrimoine culturel, nos responsables peuvent-ils accorder si peu d’attention à notre patrimoine naturel reconnu par la Loi « Patrimoine commun de la Nation » ? Jamais les enjeux écologiques n’ont été aussi prégnants. Jamais la biodiversité n’a été aussi menacée. Jamais les Françaises et les Français n’ont été aussi conscients et mobilisés. Et « en même temps », jamais les réponses n’ont été aussi décalées face à cette menace sur l’avenir de l’humanité. Hier encore, le gouvernement déposait un projet de loi pour la restauration de Notre-Dame lui permettant de déroger aux règles de protection de l’environnement, alors qu’il possède les moyens d’en faire un chantier exemplaire. Il avait fait de même pour ne pas gêner l’organisation des Jeux Olympiques. Le patrimoine naturel n’est ni une variable d’ajustement ni une cause secondaire. Il devrait figurer parmi les causes nationales prioritaires de la France. Il est plus que temps que le Gouvernement et les responsables politiques, à toutes les échelles d’intervention, prennent les décisions et les mesures qui s’imposent pour préserver et restaurer la biodiversité sur l’ensemble de son territoire y compris maritime. Communiqué de presse de la LPO, Humanité et Biodiversité, Surfrider, ASPAS, SNPN,