Armes de la deuxième guerre mondiale

Bombes et négligences en Gironde : nous relayons un article de l’association Robin des bois qui a le mérite de faire le point sur ces engins de guerre qui dorment sous nos pieds. août 2026. Le risque particulier Engins de guerre doit être inscrit dans le Dossier Départemental sur les Risques Majeurs (DDRM) prescrit par l’article R-125-11 du Code de l’environnement (1)
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Les engins de guerre sont des initiateurs ou des aggravateurs de feux. Après les guerres, les munitions délaissées étaient cachées dans les dunes, les forêts, les étangs et les marais, le plus loin possible du cœur des communes. Aujourd’hui, elles peuvent déclencher des incendies par leur explosion spontanée ou les propager quand elles sont surchauffées par les flammes et les cendres.
Il est faux de dire que l’incendie généralisé de la Gironde entre le 22 et le 31 juillet 2026 a révélé la présence d’obus de la Seconde Guerre mondiale dans les sols et sous-sols du Porge et plus généralement de la Gironde.
Entre janvier 2009 et août 2026, environ 500 armes offensives, des obus, des bombes, des mines et des grenades de la Première et de la Seconde Guerres mondiales ont fait l’objet de découvertes inopinées dans des chantiers de travaux publics, des chantiers forestiers, dans des déchetteries, dans des remaniements de vignobles, dans des emprises industrielles (y compris un site SEVESO seuil haut à Saint-Médard-en-Jalles le 25 juillet 2018), dans des campings et sur des plages du littoral entre Soulac-sur-Mer et La-Teste-de-Buch. 51 communes du littoral et de l’arrière-pays ont eu un retour d’expérience « Engins de guerre ». Ils ont été neutralisés sur place, sur la plage, ou transférés dans le camp militaire de Souge à Martignas-sur-Jalle à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Bordeaux, une véritable pétaudière, elle aussi menacée par le front de l’incendie.
Des obus avaient déjà été découverts, neutralisés ou éloignés par les services de déminage sur le territoire du Porge en janvier 2014, en mai, en octobre 2017 et en avril 2026, et au Porge comme dans d’autres communes, des permis de construire ont été accordés par les mairies sans que des détections préalables d’engins de guerre et de munitions aient été réalisées. L’arrêté municipal tardif du maire du Porge du 24 août 2026 interdisant l’accès à des parcelles encadrant un lotissement en raison de la présence d’obus « jusqu’au déminage complet des sites concernés » arrive après la bataille du feu.
Malgré la vulnérabilité des populations humaines et animales, des plages, des forêts et des installations stratégiques aux détonations des munitions incendiaires et toxiques, la préfecture de la Gironde n’a toujours pas inscrit le risque particulier Engins de guerre dans le Dossier Départemental sur les Risques Majeurs (DDRM) prescrit par l’article R-125-11 du Code de l’environnement (1).L’amnésie de la préfecture de la Gironde déclenche l’amnésie des communes, comme celle du Porge, et les autorise à ne pas mentionner le risque Engins de guerre dans les DICRIM (Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs) prescrit par l’article L-125-2 du Code de l’environnement (2).
En juillet 2012, il y a 14 ans, le communiqué « Attention au feu » de Robin des Bois et du Geide post-catastrophe (3) faisait de l’information préventive et prémonitoire: « les feux de forêt déclenchent des accidents en cascade, chutes de lignes et rupture de l’alimentation en électricité, incendies de transformateurs, explosions des munitions de guerre abandonnées, ruptures de gazoducs et d’oléoducs, incendies de décharges sauvages. »
Il est urgent que les préfectures de la Gironde et des Landes introduisent dans leur DDRM le risque particulier « Engins de guerre » et que les communes de ces départements l’introduisent dans leur DICRIM. L’article L. 125-2 du Code de l’environnement dispose que : « toute personne a un droit à l’information sur les risques majeurs naturels et technologiques auxquels elle est soumise dans certaines zones du territoire et sur les mesures de sauvegarde qui la concernent« . Plusieurs autres départements et communes remplissent déjà leurs obligations et intègrent le risque « Engins de guerre » dans l’information préventive des populations.
­­­­Robin des Bois a porté plainte ce jour auprès du Procureur de la République du tribunal judiciaire de Bordeaux contre ENEDIS et contre X pour la destruction, la dégradation et la détérioration involontaire de bois, forêts, landes, maquis, plantations et reboisement par l’effet d’un incendie provoqué par manquement à une obligation de prudence ou de sécurité et pour la destruction d’habitats et d’espèces protégés. Selon les premiers éléments disponibles, le principal incendie qui a dévasté une partie de la Gironde a été déclenché par des travaux de débroussaillement en dessous d’une ligne électrique sur la commune de Saumos réalisés sous la direction et pour le compte d’ENEDIS le mercredi 22 juillet 2026.­­­­
(1) Dossier Département sur les Risques Majeurs (DDRM) de la Gironde(2) DICRIM (Document d’Information Communal sur les Risques Majeurs) du Porge(3) « Attention au feu », Robin des Bois et Geide post-catastrophe, 10 juillet 2012
Informations complémentaires sur les engins de guerre« Pas d’armistice pour les déchets de guerre ». Spécial Centenaire de l’Armistice. Inventaire des déchets de guerre du 1er janvier 2012 au 30 avril 2018, 9 novembre 2018

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