C’est une accusation fréquemment adressée aux associations par certains maires autoritaires souhaitant éviter tout dialogue potentiellement critique avec des associations dont le statut «apolitique» est bien déclaré…Ils exploitent ainsi une ambiguïté sémantique de la langue française sur le mot POLITIQUE qui regroupe deux entités bien différentes:1-La gestion démocratique et transparente des affaires de la Cité, à égalité de chances entre les citoyens.2-La gouvernance politicienne par des élus dotés de larges pouvoirs décisionnels dont les justifications peuvent rester opaques et soumises aux conflits d’intérêts.Si l’on remonte aux Grecs anciens, inventeurs de la démocratie, on retrouve unenette séparation entre les notions initiales de POLITIKOS( Organisation de la Cité selon Aristote)puis de POLITEIA ( Exercice du pouvoir selon Platon)Les Anglo-saxons ont eu la même sagesse de séparer les mots POLICY et POLITICS .Nos associations ont parfaitement le droit , et même le devoir comme tout citoyen, de se préoccuper de la GESTION-EXTRAPOLITICIENNE de leurs cités et d’en porter le dialogue auprès des dirigeants.Cette disposition s’avère particulièrement nécessaire pour la défense de l’Environnement: pour rappel, l’article L 110-1du Code de l’environnement, applicable en septembre 2000, attribue à tout citoyen un droit d’accès aux informations concernant ce sujet. La Convention internationale d’Aarhus, ratifiée pour la France en Juillet 2002, reprend ce droit d’ information, assorti d’un droit de participer aux discussions et d’un accès juridique à la contestation.
Nos associations de «sauvegarde»ou «défense»de l’environnement et du développement durable ne sauraient se laisser enfermer dans cette rhétorique ambiguë et encore moins s’autocensurer comme on peut parfois le déplorer pour certaines qui ne peuvent faire avancer leurs objets. Remerciements à Vincent MERLAUT le 7 juillet 2025 qui nous a autorisé à publier ce texte.
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