Avis défavorable pour la plate-forme logistique Belin Beliet

Contribuez tous avant le 22 juillet à 23 h 59

Nous vous rappelons les liens :

– le guide de l’enquête publique : https://tpzh-enquete-publique.carrd.co/

– pour contribuer : https://www.registre-numerique.fr/pole-logistique-industriel-belin-beliet/voir-les-avis

Un avis écocide qui impactera et la zone humide de Belin-Beliet et le bassin d’Arcachon. Nous avons tous intérêt à agir. En effet :

Belin-Beliet est situé dans le parc naturel régional des Landes de Gascogne. Il faut respecter de l’application de la Charte actuelle (2014-2029), et en particulier les trois premières priorités :

  1. Conserver le caractère forestier du territoire
  2. Gérer de façon durable et solidaire la ressource en eau
  3. Les espaces naturels : une intégrité patrimoniale à préserver et à renforcer

Or, le Projet PRD est incompatible avec la Charte.

Les avis des différentes instances :

À la lecture du dossier et des avis rendus par les différentes autorités compétentes, notamment le Conseil national de la protection de la nature (CNPN), la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAE), le Parc naturel régional des Landes de Gascogne (PNRLG) et la Commission locale de l’eau (CLE SAGE), il apparaît que les bénéfices annoncés sont largement incertains alors que les impacts environnementaux, économiques et sociaux sont, eux, considérables et insuffisamment évalués.
Une promesse d’emplois irréaliste
Le principal argument avancé par le promoteur repose sur la création de 150 à 350 emplois. Cette estimation apparaît pourtant très fragile puisque l’activité exacte qui sera implantée n’est pas connue. Les données disponibles montrent qu’une plateforme logistique comparable emploie généralement beaucoup moins de salariés, tandis que l’automatisation croissante du secteur réduit continuellement les besoins en main-d’œuvre.
Par ailleurs, les emplois susceptibles d’être créés sont essentiellement des emplois peu qualifiés, souvent précaires et pénibles, caractérisés par un recours important à l’intérim, des horaires décalés et une forte rotation du personnel.
Dans un territoire où le coût du logement est élevé, ces emplois auront probablement un impact limité sur l’économie locale. Au contraire, la dégradation du cadre naturel et paysager affaiblira des activités existantes, notamment l’écotourisme et l’attractivité résidentielle du Val de l’Eyre.
Un pôle logistique ne constitue pas un projet de réindustrialisation
Il convient également de rappeler qu’un pôle logistique ne produit aucune richesse industrielle. Il assure le stockage et la circulation de marchandises, dont une part importante est importée.
Ce modèle accompagne l’intensification des échanges internationaux et du commerce en ligne plutôt que la relocalisation de la production ou la réindustrialisation nationale. La valeur ajoutée de la fabrication demeure produite ailleurs, tandis que le territoire accueille principalement les nuisances liées au transport et au stockage.
Ce modèle économique fragilise également le commerce de proximité et les producteurs locaux en renforçant la concurrence des produits importés et du e-commerce. Les quelques emplois créés participent ainsi à un système économique qui détruit davantage d’emplois qu’il n’en crée.
Une dégradation durable du cadre de vie
Le projet générera une augmentation importante du trafic routier avec près de 180 poids lourds et plus de 200 véhicules légers supplémentaires chaque jour sur un réseau déjà fortement sollicité.
Cette évolution entraînera inévitablement :

une augmentation du bruit ;
une dégradation de la qualité de l’air ;
une hausse des risques routiers ;
des reports de circulation vers les centres-bourgs ;
une diminution de la qualité de vie des habitants.

Ces nuisances apparaissent difficilement compatibles avec les caractéristiques résidentielles et naturelles du territoire.
Une hausse du trafic sur l’A63 qui augmente le risque de mise en place de péages
L’augmentation importante du trafic routier sur l’autoroute A63 favorisera le scénario d’élargissement de cette infrastructure au sud de Bordeaux envisagé par l’État. Compte tenu des contraintes budgétaires actuelles, ces aménagements conduiront probablement à la mise en place de nouveaux péages afin de financer les investissements nécessaires, avec des conséquences économiques pour les usagers et les habitants du territoire.

Une destruction irréversible des zones humides et des impacts jusqu’au Bassin d’Arcachon
Le projet prévoit l’artificialisation d’environ 15 hectares ainsi que la destruction de près de 7 hectares de zones humides fonctionnelles.
Ces milieux assurent pourtant des fonctions essentielles :

limitation des inondations ;
soutien des débits des cours d’eau en période sèche ;
stockage du carbone ;
filtration naturelle des polluants.

Le drainage prévu modifiera durablement le fonctionnement hydrologique sur près de 40 hectares, avec un risque d’assèchement des milieux naturels, d’augmentation du ruissellement et de perturbation des écoulements.
Ces conséquences affecteront la Leyre, son delta puis le Bassin d’Arcachon. La diminution des débits estivaux et la modification des apports en eau douce auront des répercussions sur les écosystèmes remarquables du Bassin d’Arcachon ainsi que sur les activités économiques dépendantes de leur équilibre, notamment l’ostréiculture.
Une atteinte majeure à la biodiversité
Le site constitue un réservoir écologique remarquable accueillant plus de cinquante espèces protégées.
Les avis du CNPN soulignent que les inventaires naturalistes demeurent incomplets, que les impacts sont probablement sous-estimés et que les mesures compensatoires proposées ne permettent pas de garantir l’absence de perte nette de biodiversité.
Ce projet met également en évidence les limites du système actuel de compensation écologique : pour recréer des zones humides, il est parfois envisagé de défricher des espaces boisés existants. Cette logique revient à opposer différents milieux naturels entre eux, sans recréer la complexité écologique des habitats détruits.
Des risques industriels insuffisamment maîtrisés
L’entrepôt relèvera de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et accueillera d’importantes quantités de matières combustibles ainsi que des produits dangereux.
Dans un massif forestier particulièrement exposé au risque incendie, ce cumul de risques est préoccupant.
Plusieurs organismes consultés estiment que les études de dangers restent incomplètes et que certains dispositifs de sécurité apparaissent insuffisamment démontrés, notamment concernant la gestion des eaux d’extinction susceptibles de polluer les sols, la Leyre puis le Bassin d’Arcachon.
8 Un bilan climatique incompatible avec les objectifs de transition
Le fonctionnement de la plateforme reposera essentiellement sur le transport routier, responsable de plus de 80 % des émissions de gaz à effet de serre du projet.
Près de 29 000 tonnes de CO₂ seront émises chaque année, auxquelles s’ajouteront les émissions de particules fines et d’oxydes d’azote liées au trafic de poids lourds.
Ce projet apparaît difficilement compatible avec les objectifs nationaux et régionaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de limitation de l’artificialisation des sols.

Un intérêt public majeur non démontré
Les recettes fiscales annoncées demeurent hypothétiques puisque l’activité future du site reste inconnue.
En revanche, les dépenses publiques liées aux infrastructures routières, aux services d’incendie et de secours, à la gestion des risques et aux éventuelles pollutions seront bien réelles.
Surtout, le Conseil national de la protection de la nature considère que l’intérêt public majeur du projet n’est pas démontré. Cette condition est pourtant indispensable pour justifier la destruction d’espèces protégées et de leurs habitats.
Lorsque l’intérêt général n’est pas établi, que les bénéfices économiques demeurent hypothétiques et que les impacts environnementaux apparaissent importants, durables et parfois irréversibles, le principe de précaution doit pleinement s’appliquer.
Conclusion
Au regard de l’ensemble des éléments du dossier et des avis rendus par les autorités compétentes, ce projet présente un déséquilibre manifeste entre des bénéfices économiques incertains et des impacts environnementaux, sociaux et financiers particulièrement importants.
Les emplois annoncés apparaissent largement surestimés et ne répondent ni aux enjeux de réindustrialisation ni aux besoins durables du territoire. À l’inverse, le projet entraînera une artificialisation significative de zones humides, une atteinte à une biodiversité remarquable, une augmentation durable du trafic routier, des émissions de gaz à effet de serre, des risques industriels et des nuisances pour les habitants, tout en fragilisant l’attractivité résidentielle et écotouristique du Val de l’Eyre.
Ses conséquences dépasseront toutefois largement le seul périmètre du projet. En modifiant durablement le fonctionnement hydrologique du bassin versant de la Leyre, en détruisant des zones humides jouant un rôle essentiel de régulation des eaux et en augmentant les risques de pollution des milieux aquatiques, ce projet aura des répercussions jusque dans le Bassin d’Arcachon. L’équilibre écologique de ce territoire, la qualité de ses eaux, la richesse de ses habitats naturels ainsi que des activités économiques majeures comme l’ostréiculture, directement dépendantes du bon fonctionnement de la Leyre et de ses affluents, seront durablement fragilisés.
Les avis convergents du CNPN, de la MRAE, du Parc naturel régional des Landes de Gascogne et de la CLE SAGE mettent en évidence des insuffisances importantes dans les études, des impacts sous-évalués et des mesures compensatoires qui ne garantissent ni la préservation des milieux naturels ni l’absence de perte nette de biodiversité. Le Conseil national de la protection de la nature considère en outre que l’intérêt public majeur du projet n’est pas démontré, alors même que cette condition est indispensable pour justifier la destruction d’espèces protégées et de leurs habitats.
Dans un contexte de changement climatique, d’érosion accélérée de la biodiversité et de recherche d’une plus grande résilience des territoires, il apparaît difficilement justifiable de sacrifier des zones humides fonctionnelles pour un projet logistique dont les bénéfices restent hypothétiques et dont les impacts s’étendront bien au-delà du Val de l’Eyre, jusqu’au Bassin d’Arcachon.
Pour l’ensemble de ces raisons, et conformément au principe de précaution ainsi qu’aux objectifs de préservation des ressources naturelles et de l’intérêt général, j’émets un avis défavorable à ce projet et demande que son autorisation ne soit pas accordée.

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