NOTRE CONTRIBUTION A L ENQUETE PUBLIQUE SUR L EXTENSION DU PORT DE PLAISANCE D ANDERNOS AU DETRIMENT DE LA PLAGE BOISEE

Andernos-les-bains, le 20 janvier 2013

Monsieur Francis Clerguerou
Enquête publique Commisssaire Enquêteur
Mairie d’Andernos-les-bains
LRAC 33510 Andernos-les-bains

Monsieur le Commissaire Enquêteur,

Comme plus de 3000 personnes j’ai signé une pétition ou envoyé une carte-pétition pour dire Non à l’extension du port de plaisance. En dépit de ces pétitions et de 11 recours en contentieux (dont celui du Préfet) encore non jugés contre le projet de PLU voté le 24 octobre 2011, le maire maintient son projet d’extension du port de plaisance.

Cette enquête m’amène à vous faire part des considérations suivantes :
Au sujet de la concertation : pourquoi les riverains n’ont-ils pas été associés à ce projet ? Deux réunions (l’une le 1er mars 2 007, une autre le 12 novembre 2010) et une consultation à la mairie en février 2011 ne constituent pas une réelle concertation.
Au sujet de la gestion du risque :
Le PPRIF le commissaire a émis un avis négatif : la municipalité n’en a pas tenu compte. Or il est dans toutes les mémoires des anciens le souvenir du terrible incendie de 1949. C’est sur la plage que se sont réfugiés tous les habitants du quartier du Betey alors que le feu atteignait la voie de chemin de fer (devenu depuis la piste cyclable). Que se passera-t-il en cas de feu alors que la population a augmenté si la taille de la plage est réduite ?
Cas des tempêtes : cette plage boisée constitue le dernier rempart contre les tempêtes ; en effet, le quartier du Bétey n’a pas été inondé comme l’a été le quartier du Mauret lors de la dernière grande tempête Xynthia.
Toutefois, l’observation de la rose des vents (le vent souffle vers l’Est les trois quarts du temps, des observations personnelles lors des grandes marées de décembre où l’eau du port a débordé (constaté également par le responsable environnement de la mairie d’Andernos-les-bains) nous permettent de déduire qu’un bassin à flot tel qu’il est présenté dans le projet avec un abattage de la première ligne d’arbres (celle qui a résisté à la tempête) n’offrirait plus aucun obstacle au vent et à la marée. Le quartier se trouverait donc susceptible d’être inondé.
Enfin les arbres de deuxième ligne n’existent quasiment plus : ils ont été abattus par la mairie en mai et juin 2012. L’un d’eux (sur les 10 abattus) était malade.

Au sujet de l’entretien du port : Pourquoi n’a-t-on pas entretenu ce port depuis sa construction (1967), pourquoi l’a-t-on laissé se dégrader ainsi ?
Une extension-rénovation ne servira à rien si elle n’est pas accompagnée d’un entretien au moins hebdomadaire aussi bien au niveau sanitaire ( toilettes) qu’au niveau de l’infrastructure.

Au sujet de l’extension
Ce projet d’extension prévoit de détruire un tiers de la plage boisée et un petit bois de chênes centenaires situés à l’embouchure d’un ruisseau le Betey pour 150 places de plus.
Faune , flore et patrimoine préhistorique
Ces bois constituent avec la ripisylve une trame verte et bleue qui, contrairement ce que préconise la législation, sera rompue.
Les chênes centenaires qui sont l’habitat du Grand Capricorne et du Lucane Cerf-Volant vont disparaître. Cela est contraire à la directive européenne Habitat.
Une écluse permettra de maintenir les bateaux à flot mais modifiera de manière irréversible la biodiversité et l’hydrologie du ruisseau le Betey et ne permettra plus aux petits bateaux de rentrer et sortir comme ils le désirent.
Le sable d’excavation sera rejeté sur les plages avoisinantes ce qui détruira toute la vie des coquillages et vers de vase mais détruira également une station mésolithique sous-marine de grande importance pour les scientifiques puisque le nom d’armature du Bétey a été donné à une armature à taille bifaciale.
Mais on ne dit rien des vases portuaires. Chargées de métaux lourds elles représentent un danger pour la santé publique. Que vont-elles devenir ?

Des arbres seront replantés mais dans le béton…. Or sur ce côté du littoral, les seuls arbres qui aient survécu sont ceux qui préexistaient au bétonnage (voir les tamaris du péré dans le quartier du Mauret).

Au sujet de la circulation
Les flux de circulation ne sont pas étudiés ;
Les places de parking sont prises au détriment des places des plagistes.

Augmenter les places d’un port en augmentant le nombre de bateaux à moteur, ce n’est pas résoudre le problème des corps-morts. En effet, plus de 1000 personnes demandent une place au port et plus de 500 corps-morts peuvent se compter l’été sur la plage du Broustey. 150 places au port en plus ne feront que rendre la plage impropre à la baignade, priver des milliers de personnes modestes d’un lieu de détente, les voler de leur plage calme et sans dangers, une des seules plages boisées du Nord Bassin recevant le soleil l’après-midi. Voici donc un projet antisocial.

Augmenter les places d’un port c’est accroître la pollution de l’eau de mer et le nombre de jours d’interdiction de commercialisation des huîtres.
C’est, pour les riverains, supprimer la dernière barrière contre les tempêtes comme l’a montré le passage de Xynthia.

Au sujet de l’emploi de nos impôts
Le coût enfin de l’extension n’est pas mentionné.
Or, l’extension d’un point de vue économique va tuer la poule aux oeufs d’or que constitue le tourisme vert. D’après une étude de la Documentation française, un port de plaisance de moins de 500 anneaux crée 0,8 emplois. Combien en détruit-il ? Sans ses vieux tamaris, ses pins et ses chênes, sans les oiseaux migrateurs, sans le calme qui règne en ces lieux, les touristes qui apprécient la nature ne viendront plus…

Au sujet du paysage et de l’environnement du bassin en général

Agrandir le port au détriment des arbres, c’est accélérer l’appauvrissement du bassin d’Arcachon. Ce dernier connaît une urbanisation croissante.
On assiste depuis peu à l’envasement des esteys littoraux, un phénomène ressenti par le Nord Bassin et
Enfin, phénomènes visibles sur tout le bassin, depuis cinq ans, la dégradation de la qualité de l’eau, la régression -actuellement ralentie- de la zostère, la raréfaction de certains limicoles devraient alerter les décideurs sur la nécessité d’abandonner les aménagements tels que les ports, aérodromes, golf…dignes des années 1960.

Or il n’en est rien…C’est pourquoi nous émettons un avis négatif sur le projet d’extension du port de plaisance du Bétey.
Nous proposons des schémas alternatifs qui existent (port à sec, gestion des places existantes à l’échelle du nord-bassin incluant port ostréicole et port de plaisance, location à la journée de bateau à moteur, développement de sport de glisse moins gourmands en énergie fossile, développement de la voile). Pourquoi ces solutions ne figurent-elles pas dans le projet de nouveau PLU de la ville d’Andernos-les-bains, ni dans le projet soumis à enquête publique ?

Restant à votre disposition, je vous prie de recevoir, Monsieur le Commissaire Enquêteur, l’assurance de ma haute considération.

1 Response to “NOTRE CONTRIBUTION A L ENQUETE PUBLIQUE SUR L EXTENSION DU PORT DE PLAISANCE D ANDERNOS AU DETRIMENT DE LA PLAGE BOISEE”


  1. 1 Oth 18 février 2013 à 19:02

    Du Béton = du Pognon ???!!


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