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Pour une politique de l’arbre sur le bassin

abattage d’un arbre … même s’il est d’une espèce invasive, son ombre nous protégeait… Plaidons pour une meilleure hiérarchisation des priorités.
Poteau menaçant de tomber allée des Genêts depuis juin 2019…. un ruban rouge et blanc protége les passants. Pourquoi ne pas faire comme cela pour les vieux arbres 🙂 ?
arbre abattu le 19 septembre 2019 dans la ripisylve du Bétey…. Il sera remplacé ;;; mais dans combien de temps pourrons-nous bénéficier de l’ombre ?
Le petit bosquet sur la droite a été épargné grâce à l’intervention des habitants.

Au Bétey, des abattages récents d’arbres ont ému les habitants qui sont intervenus auprès des services municipaux. Malicieusement, nous faisons remarquer que le poteau télégraphique de l’allée des Genêts qui depuis trois mois menace de tomber sur les passants est toujours en place. Mais un ruban rouge et blanc protège les habitants…

Extraits d’une lettre à la municipalité : Un arrachage de bosquet au croisement des avenues de Lattre de Tassigny et du Maréchal Leclerc à Andernos-les-bains, des arbres à abattre ou abattus dans le bois entourant la ripisylve du Bétey ont alerté les adhérents de l’association.  Hier encore, jeudi 19 septembre 2019,   deux arbres dont un parfaitement sain et qui procurait une ombre généreuse et agréable  mais appartenant à une espèce dite invasive ont été abattus dans le bois du Bétey ce qui a déclenché la colère de nombreux membres de l’association. Précédemment intrigués par les croix bleue inscrites sur les arbres, nous avions alertés vos services. Lesquels nous ont courtoisement répondu et ont démontré les efforts qu’ils faisaient ponctuellement pour préserver la biodiversité. Toutefois l’association constate que le nombre d’arbres diminue à Andernos et que la ripisylve du Bétey n’est pas entretenue. Si les arbres sont abattus ce n’est pas pour des raisons sanitaires ou des raisons de sécurité mais bien souvent pour faciliter le travail des entreprises de BTP  ou pour limiter la charge de travail. Enfin le risque inhérent à l’invasion des espèces doit être relativisé.  

En effet pourquoi avoir, en centre-ville, remplacé les arbres aux larges feuilles qui projetaient une ombre sur la piste cyclable par des magnolias coûteux et ne donnant qu’une ombre maigrelette ?

L’abattage des vieux arbres est d’autant plus inacceptable que certains arbres ont atteint un âge vénérable et un feuillage important, feuillage qui ferait défaut aux riverains notamment en période de canicule. Les arbres que l’on nous promet de planter en remplacement mettront des années voire des décennies avant de constituer des ilots de fraîcheur efficaces contre le changement climatique. La sécheresse de cet été nous montre que ces ilots de fraîcheur sont les bienvenus. 

Nous restons à la disposition de la municipalité pour l’aider dans sa démarche « bio » et roposons  même d’aller plus loin.  Comment ?  En instituant une véritable politique de l’arbre à Andernos comme nous l’avions suggéré à Monsieur Eric Coignat à l’automne et au printemps dernier ;

Nous suggérons :

1Prendre un arrêté soumettant à autorisation municipale toute coupe d’arbres de plus de 13 centimètres de diamètre ; pratiquement , dans les parcs et jardins communaux ouvert au public comme la ripisylve du Bétey encadrer les vieux arbres d’une barrière de ganivelles. Les branches susceptibles de tomber tomberaient dans cet espace et la régénération naturelle pourrait se développer, à un moindre coût pour les finances municipales.

2 Les arbres « à remplacer » doivent être remplacés par des plantations avant d’être abattus, sachant qu’on ne replante jamais un arbre à l’emplacement exact d’un arbre précédent. Sinon ils laissent place à un désert qui est  coûteux à vaincre.

3 Communication :  une campagne d’information peut être faite au niveau du Bassin d’Arcachon pour relativiser la notion de risque et entre deux maux choisir le moindre : « oui, les feuilles tombent des arbres et sont difficiles à ramasser mais le feuillage nous permet de lutter contre la canicule; nous abattons des arbres pour des raisons sanitaires le 19 septembre. Le 25 novembre nous planterons 3 chênes, un aulne et un chataîgner.

4 Enfin bannir tout aménagement minéral.  Le petit triangle aménagé au croisement des rues de la plage du Betey, de l’allée des Genêts et de  l’avenue du Puit artésien est simplement hideux.  

Notre action pendant ces quatre dernières années a toujours été tournée dans le sens d’un grand respect du vivant et nous nous sommes félicités des bons rapports que nous avons avec vos services. Nous ne demandons qu’à continuer.

Souhaitant voir se mettre en place dès les semaines prochaines une véritable politique de l’arbre à Andernos et

                                                                                   Clarisse Holik

                                                           Le Bétey, plage boisée à sauvegarder.

PS : nous rappelons qu’allée des Genêts un poteau téléphonique menace depuis juin 2019 de tomber au sol . Cela avait été signalé à la mairie par Madame Lemainque. Seul un ruban rouge et blanc le préserve de la chute…. 

Le littoral est fragile

Les observations des promeneurs, surfeurs, pêcheurs peuvent devenir des données utiles aux scientifiques afin de mieux connaître et préserver la beauté du littoral.

Pin remarquable sur la plage boisée du Bétey à Andernos-les-bains 33

Laurent Debas, océanologue, responsable de l’initiative Biolit pour l’association Planète Mer parle de son association BIOLIT (Biodiversité du Littoral). http://www.planetemer.org/actions/biolit

Pour plus d’infos : https://www.franceinter.fr/emissions/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-30-aout-2019

Cette démarche parait très utile et positive en permettant la création d’un lien entre les scientifiques spécialiste du milieu marin et les acteurs du terrain comme les surfeurs, les  pêcheurs du bord de mer,  les pratiquants de chars à voile ou de toutes  autres activités halieutiques y compris les promeneurs du bord de plage.

« Quand tout le monde s’y met les choses vont souvent mieux ! »René Capo

Culture et alimentation autour du Bassin d’Arcachon 1

Un rapport spécial du Giec, salué par le gouvernement, vient de tomber (août 2019) : l’humanité épuise ses ressources parce qu’elle exploite trop intensivement ses sols et ses forêts. Collectivement, non seulement nous mettons en péril notre capacité à faire face au réchauffement climatique, mais aussi nos conditions de vie et de subsistance. En conséquence ce rapport appelle à adopter partout en urgence une gestion durable des terres.

Or, une gestion durable des terres passe nécessairement par un rééquilibrage du cycle de l’azote et donc la suppression des excédents de nitrates d’autant qu’ils produisent aussi du protoxyde d’azote, puissant gaz à effet de serre. Et la Gironde voit l’implantation ou l’extension d élevages industriels de porcs et poulets,  générateurs des excédents de nitrates, cause de la prolifération massive d’algues vertes dont le pourrissement dégage un gaz extrêmement toxique, le sulfure d’hydrogène. Faut-il attendre de voir le littoral se charger d’ algues vertes pour agir ?

Depuis 2010 les préfets de Bretagne coordonnent des plans de lutte contre ces excédents à travers les Plans Algues Vertes. Force est de constater leur échec patent démontré depuis des mois par des échouages d’algues à des niveaux rarement atteints dans la baie de Saint-Brieuc.
C’est pourquoi ce dernier rapport du Giec est une opportunité nouvelle qui s’offre

à l’ Etat et aux Régions. Puisqu’une partie du réchauffement climatique et la prolifération des algues vertes ont une seule et même cause, que l’urgence commande de s’y attaquer dès maintenant, nous vous demandons d’élaborer dès le mois de septembre de nouveaux plans de lutte contre les excédents d’azote après consultation de tous les syndicats professionnels, des organismes agricoles, des syndicats d’ostréiculteurs et de pêcheurs, des associations de protection de la nature. Nous vous proposons de :

1 stopper toute nouvelle implantation d’élevage industriel dans le département, au nom du principe de précaution

2 procéder sur une petite partie de la  Surface Agricole Utile à des expérimentations de nouvelles cultures  qui permettront de sélectionner les plus efficientes. Demain elles serviront de modèles à l’ensemble du territoire.

3 mettre fin progressivement aux méthodes industrielles d’exploitation de la forêt

4 – limiter le nombre de chevaux sur les bateaux à moteur, limiter voir interdire l’usage des moteurs thermiques pour les loisirs sur le nord bassin

Nous ne prétendons pas détenir la vérité. Nous voulons simplement éviter la mort du Bassin d’Arcachon à cause de l’eau et du sol pollué.   Le Giec ouvre déjà des pistes. Pour exemples : l’agroforesterie, les élevages et cultures bio. Nous pouvons également citer les cultures associées qui mêlent des légumineuses à des céréales, permettant de réduire l’usage d’engrais chimiques. C’est aussi l’assurance d’un usage réduit voire nul de pesticides. Nous disponsons dans notre département d’un gisement de conseillers avisés qui ne demandent qu’à partager leurs compétences.


Pour cette gestion durable des terres qui s’inscrit dans la lutte contre le réchauffement climatique, la co-présidente du Giec, Madame Valérie Masson-Delmotte a mis l’accent sur » l’importance d’agir dès maintenant ». Nous rajoutons, comme contre les marées vertes : c’est maintenant… ou jamais, car agir DEMAIN deviendra inutile.

Assemblée générale de l’association Le Bétey, plage boisée à sauvegarder.

Le stand de l’association lors du Forum des Associations qui s’est tenu à Andernos le samedi 7 septembre 2019, le lendemain de l’Assemblée générale.

L’assemblée générale de l’association « Le Bétey, plage boisée à sauvegarder » s’est tenue vendredi 6 septembre au siège de l’asosciation 14 avenue du Maréchal Leclerc à Andernos les bains.  Le rapport moral, le rapport financier ont été voté à l’unanimité.  L’association a réaffirmé ses missions :
 1 Défendre les plages boisées du Bétey, les espaces boisés de la ville qu’ils occupent un simple triangle entre deux rues ou une coupure d’urbanisme comme Le Communal.  A ce titre, elle a, en 2018-2019, continué à arroser et entretenir, en coopération avec les services municipaux, les petits pins du Bétey, plantés en 2016 par les enfants des écoles Capsus et Jules Ferry. Elle préconise  une véritable politique de l’arbre dans toutes les villes du Bassin comme à Lége Cap Ferret où l’abattage des arbres est soumis à autorisation municipale. Il serait également bon d’avoir une politique d’entretien et de replantation des espaces boisés de la ville d’Andernos qui sont soumis à une trop grande fréquentation. Certains adhérents demandent à être consultés sur les projets d’aménagement du quartier. Ils sont prêts à participer à l’entretien des bosquets et espaces boisés du quartier si cela doit permettre de préserver les arbres. Pourquoi ne pas créer des comités de quartier qui feraient des propositions à la municipalité ?
2 La rénovation du port du Bétey, prévue pour 2022, est attentivement suivie par l’association. L’agrandissement doit permettre une mise en sécurité des bateaux mais non l’accueil de plus gros bateaux. Enfin un rétrécissement des parkings permettrait de préserver la prairie et d’offrir une vue splendide sur le bassin à travers l’allée des genêts. 3 Le partage de l’espace pose également beaucoup de questions : certains kite surfs et certains scooters des mers ne semblent pas respecter la législation, dépassant les limites de leur périmètre d’action. Les nuisances sonores engendrées par les scooters des mer sont mal perçues par la population du quartier et se rajoutent aux nuisances sonores existantes bateau à moteur, automobiles, moteur thermiques employés dans les jardins. Comment informer et éduquer les gens aux codes maritimes et partage de l’espace ? L’hiver à marée montante,  les kite surfeurs qui ne quittent pas les lieux où ils ont pied  empêchent les limicoles de se nourrir. Il faudrait que la plage située en face des écoles soit réservée aux oiseaux et aux baigneurs…   4 La qualité des eaux du bassin, la mort de l’estran sans doute à cause de l’engraissement des plages, la disparition de la zostère dans le nord bassin, la disparition des oiseaux sauvages (aigrette garzette, cygnes, martin-pêcheur, petits passereaux) qui fréquentaient les plages du Bétey  inquiètent.
L’association continue à lutter contre la suppression de la nature sur le bassin.

L’association a participé aux enquêtes publiques concernant l’installation de fermes photovoltaiques sur le site d’anciennes décharges et  aux ateliers sur les transports.
Elle compte organiser en 2020 une sortie au Communal pour la Journée mondiale des Zones Humides et continuer ses actions d’entretien des pins, d’information du public et d’alerte des pouvoirs publics.

Brume matinale sur la plage du Bétey mercredi 11 septembre 2019

Actions à venir : points litigieux du nouveau PLU, entretien des pins de la plage boisée, Forum des associations, Journée mondiale des Zones Humides, Participation aux enquêtes publiques, actions en lien avec les autres associations du Bassin d’Arcachon.


Revue de presse été 2019

Sud ouest 11 septembre 2019.
La malchimie
Gisèle Bienne; Actes Sud, 2019.

Ce récit retrace l’histoire d’un empoisonnement.

La malchimie témoigne de l’affection d’une sœur ayant perdu son frère, ouvrier agricole mort de la nocivité des produits phytosanitaires qu’il a manipulés pendant des décennies sans protection, autant que de l’urgence à combattre le tout-chimique. Un récit emporté par la force incandescente d’une romancière qui a su bâtir de livre en livre un univers rare et complexe.

Sylvain et moi traçons notre sillon de chaque côté d’une ligne de démarcation qui s’est creusée malgré nous. Je suis étudiante, il conduit le tracteur de son patron, laboure, ensemence, moissonne les champs de son patron et les “traite”. “Traiter”, il a commencé jeune. On traite contre les maladies, pour les rendements, la propreté. On traite dans la plaine de façon préventive, curative, et intensive toujours. On traite, c’est radical et ça rapporte. Les engrais, les produits phytosanitaires, la terre absorbe tout cela

Pendant les Trente Glorieuses, on ne savait pas. C’était l’éloge de la chimie, dans tous les domaines, domestique, agricole. et on y croyait. On croyait en la science, au progrès, la publicité de Monsanto était irrésistible. (Gisèle Bienne)

 

Monoculture de pin Douglas et qualité de l’eau;


Une alternative à la monoculture de pins Douglas. Ce n’est pas la même échelle de temps. La parcelle dite Colbert 2 abrite des chênes de 250 ans. C’est la nature du sol qui détermine la hauteur de l’arbre

Article complet sur les monocultures de Douglas dans le Limousin et leurs conséquences

https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/agriculture/les-forets-de-douglas-rendent-elles-imbuvable-l-eau-du-robinet-en-limousin_12917224/ [consulté le mercredi 31 juillet 2019]

Une nouvelle coupe de bois dans la forêt de La Teste indigne les défenseurs, le propriétaire se justifie

A quelques encablures de la Dune du Pilat, des usagers et des adhérents de l’ADDUFU (Association de Défense des Droits d’Usage et de la Forêt Usagère de la Teste) ont mené une action coup de poing tôt ce dimanche matin pour dénoncer une coupe « illégale » de pins vifs opérée dans le site classé de la forêt usagère de La Teste. https://rue89bordeaux.com/2019/07/nouvelle-coupe-de-bois-illegale-site-classe-de-foret-de-teste/ [Consulté le lundi 29 juillet 2019]

Adaptation au changement climatique

d’après Jill Madelanat in La Fabrique écologique : l’adaptation au changement climatique sur le littoral français juillet2019

Le changement climatique va affecter les littoraux français métropolitains, en bouleversant certains écosystèmes et en aggravant les risques naturels d’érosion et de submersion. Ce rapport fait le bilan des différentes manifestations du changement climatique sur les littoraux et de la mise en œuvre encore très insatisfaisante des différentes modalités d’adaptation.

Manifestations du changement climatique 1 modifications des paramètres physico-chimiques de l’environnement littoral :augmentation des températures de l’atmosphère et des océans, acidification des océans, désoxygénation ou encore élévation du niveau de la mer, modification du débit des rivières avec en Nouvelle Aquitaine une diminution de20 à 30 % en trente ans du débit annuel des rivières. L’été baisse du niveau d’étiage et risques l’hiver de crues plus importantes.

2 sur la biodiversité littorale. La température, l’acidité, le niveau d’oxygène ou encore les courants océaniques forment les conditions de vie des espèces. En modifiant ces paramètres, le changement climatique altère les habitats de ces espèces (entrainant des migrations vers des eaux plus froides et une désertion des zones dépourvues d’oxygène) et modifie la phénologie des espèces (période de reproduction, taux de fécondité, durée de vie, etc.). Cette biodiversité littorale est particulièrement vulnérable, parce qu’elle est déjà soumise à de nombreuses pressions anthropiques (pollutions marines et terrestres qui se retrouvent transportées par les fleuves jusqu’à la mer, surpêche et surexploitation des ressources, etc.)

3.Les risques d’érosion et de submersion sont déjà très forts en France métropolitaine: 25% des côtes sont aujourd’hui en érosion, tandis que la submersion marine menace 1.4 million de résidents. Le changement climatique, et principalement l’élévation du niveau de la mer, va venir amplifier ces deux phénomènes.A l’échelle européenne et à l’horizon 2050, ce sont 55 000 personnes qui pourraient être, chaque année, concernées par les submersions marines, contre 10 000 aujourd’hui. La France fait partie des pays européens les plus vulnérables à la submersion marine, avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Ces risques littoraux menacent des vies humaines, des bâtiments, des activités professionnelles, mais aussi des infrastructures de transport, des réseaux (eau, électricité, etc.), des équipements publics(écoles, hôpitaux, etc.) et des espaces naturels. Plusieurs pistes d’adaptation à l’élévation du niveau de la mer peuvent être suivies en fonction des réalités locales.

Quatre types d’action : Protection par des ouvrages BTP, (coûteuse et non pérenne) solution fondée sur la nature ou renaturation (durable, faible coût, bénéfices pour la biodiversité et le paysage mais élus non convaincus), stopper l’urbanisation ou délocaliser les activités humaines.

En guise de conclusion : L’incertitude sur l’évolution du trait de côte et sur les risques de submersion sert parfois de prétexte aux opposants à la réglementation de l’urbanisation par les PPRL (plans de prévention des risques littoraux). Certains élus voudraient revoir les hypothèses à la baisse afin que le développement économique de leur commune ne soit pas entravé, de même que certains habitants qui craignent la perte de valeur économique pour leur bien ou leur activité professionnelle. A l’inverse, certains plaident pour une prise en compte des hypothèses extrêmes d’élévation du niveau de la mer, afin d’éviter le risque d’une mal-adaptation. L’absence d’une information sur le niveau de risque est par ailleurs problématique dans le contexte d’une forte attractivité résidentielle du littoral. Les marchés immobiliers ne reflètent pas le niveau d’exposition des biens aux risques littoraux. Dans ce cas, le coût de la relocalisation restera toujours très élevé, car le coût global de l’opération comprendl’acquisition des biens à délocaliser par la puissance publique, quise fait au prix du marché, sans prise en compte du risque.Les promoteursde la renaturation et du recours auxsolutions fondées sur la nature soulignent que ces options d’adaptation pâtissent de l’incertitude qui entourent leur mise en œuvre et de l’absence d’expérimentation témoin. En effet, par comparaison avec les ouvrages de protection en dur, dont on peut modéliser le fonctionnement et ainsi prévoir le dimensionnement adéquat, la végétalisation des dunes ou la dépoldérisation ne sont pas facilement réductibles à un système d’équations. Il en résulte qu’élus ouhabitants sont réticents à choisir une option dont ils ne connaissent pas ex-anteles résultats. Pour pallier le manque d’information et d’exemples de mise en œuvre réussie, il est nécessaire de multiplier les expérimentations, qui pourront ensuite servir de témoin afin de convaincre les décideurs et les populations du bien-fondé de ces solutions. C’est dans cette optique que le Conservatoire du Littoral conduitle projet Adapto, qui développe dix expérimentions de gestion souple du trait de côte, afin de pouvoir par la suite démontrer la faisabilité et les résultats de ce mode de gestion.

Vases portuaires : un destin particulier

Nous sommes accueillis (11 personnes) par Benoît Anguenot, responsable du site de Sovasol sur la commune du Teich.
Ce site a été créé par un arrêté préfectoral le 20/12/2013 suite à l’appel d’offres de la mairie d’Arcachon pour le traitement des vases portuaires . Ce site fait 14 hectares et appartient à la commune du Teich qui le loue à Sovasol, filiale de Solvalor Aquitaine. Il contient deux bassins de traitement de 15.000 et 20.000 m3 (en m² cela correspondrait à 1,5 et 2 ha).
Le marché vaut pour 10 ans. Tous les deux ans, entre janvier et mars, le port est dragué au moyen d’une pelle sur ponton, à partir des 30 premiers cm, et ce limité aux vases récentes, exemptes des traces de peintures antifoulings (antisalissures) contenant du TBT (tributylétain*) aujourd’hui interdit. Les vases sont mises dans des barges amarrées au quai et transvasées dans des camions capitonnés et étanches. Une rotation de camions amène les vases sur le site ; 50 camions par jour du 6 janvier au 31 mars.
La durée du cycle de traitement est de 3 ans maximum. Chaque sédiment est tracé, muni d’un numéro de CAP (Certificat d’Acceptation Préalable), avec un bordereau de suivi des déchets. Les déchets sont analysés. Si le taux de produits chimiques (seuls cités, les métaux lourds, seuils non précisés) dépasse les normes, les vases sont refusées et partent pour une déchetterie de déchets ultimes.
Le traitement se fait par décantation et évaporation de l’eau dans un bassin rendu étanche par une membrane PAHD et un géotextile ; dépôt, reprise, malaxage des sédiments pour homogénéiser et ajout d’un liant si nécessaire (on croirait une recette de cuisine) et obtention d’un substrat « inerte » qui peut être valorisé.
Ces sédiments ne contiennent que 4 à 5 % de matière organique ce qui explique l’absence de mauvaise odeur sur le site de traitement.
Une fois traités, les sédiments sont vendus au BTP et utilisé comme sous-couche de remblai routier, digues, merlons paysagers. Ce matériau est présenté comme stable, résistant au roulement, neutre chimiquement donc dépourvu de conséquences défavorables sur l’environnement.
Les mettre sur les champs ou dans la forêt après une coupe rase ne paraît pas être une bonne idée. D’autant qu’on ne connaît pas réellement leur composition. L’analyse chimique ne va chercher que quelques produits chimiques mais ne fera pas un inventaire exhaustif.
La gestion du site n’est pas vraiment écologique mais l’existence de nuisances dangereuses semble avoir été écartée : membrane étanche des bassins de décantation, fossés périphériques ceinturant tout le site pour prévenir les conséquences néfastes du débordement d’un bassin. Reste le coût énergétique (non évalué) de l’ensemble de la démarche, depuis l’extraction des vases, le chargement, le transport sur plusieurs dizaines de km, puis l’extraction depuis les bassins de décantation, l’épandage, la reprise et la mise en andains et enfin, la reprise des andains jusqu’à obtenir une teneur en eau suffisamment faible pour être compatible avec une valorisation BTP.
Ces malaxages nécessitent l’intervention de gros engins type bulldozer qui consomment beaucoup de carburants. Somme toute, le sédiment est dragué, transporté, traité puis étendu, malaxé, étendu, malaxé, étendu, compacté, rechargé dans un bassin puis rechargé dans un camion pour aller constituer un remblai d’autoroute…
Nuisances à signaler : beaucoup de poussières et gaz d’échappement dégagés lors de la reprise et le brassage des sédiments par les gros engins de chantier, les poussières reprises par le vent sont aujourd’hui en grande partie arrêtées par la ceinture forestière du site.
A noter : nous avons été accueillis par des oiseaux qui ressemblaient à des avocettes et piaillaient à qui mieux mieux contre nous. Une famille de canards avec canetons nageait sur un bassin, des passereaux passaient. Des plantes (dont du pavot) recolonisaient les andains et les digues mais seront détruites lors du prochain malaxage.
Emploi :Actuellement deux salariés de Sovasol travaillent sur le site. Les emplois de personnel conducteurs de camion et d’engin sont externalisés sur des entreprises de Travaux publics de la région.
Aspect positif : le port est de nouveau navigable, les nouveaux sédiments créés peuvent éviter de détruire des plages ou des montagnes pour récupérer des matériaux de construction.
Aspect négatif : consommation d’espace, consommation de carburants, émissions de CO2, parfois destruction de couvées ou de plantes.
Facteur de progrès : on pourrait, mais en consommant plus d’espace, faire du lagunage plutôt que du malaxage.
Communication : à améliorer car beaucoup de personnes ignorent que les 400 mètres de route qui amènent au site ont été consolidés avec des remblais venus du site.
Conclusion : malgré un manque d’information précisant les seuils de tolérance des composés chimiques dosés et exactement lesquels ? (Une recherche fouillée serait à rechercher dans le guide SEREMA édité par l’Etat), et un bilan énergie + CO2 de l’ensemble de la chaine de traitement, il nous faut bien constater qu’il n’existe actuellement pas de meilleure solution pour le traitement, la traçabilité et la valorisation des vases portuaires. compte rendu écrit par Michel Arbez et Clarisse Holik

* Les tributylétains sont un groupe de composés organostanniques contenant le groupement (C4H9)3Sn tel que l’hydrure de tributylétain ou l’oxyde de tributylétain. Ce sont de puissants biocides, toxiques pour les végétaux et d’autres organismes. Pour cette raison ils ont été les principales substances actives de certains biocides pour le contrôle d’un large spectre d’organismes. Ils ont été utilisés comme pesticides et dans les antifoulings dès les années 60 mais surtout dans les années 70 avec l’explosion de la construction navale et de la plaisance.
Ces composés sont à présent inclus dans la Convention de Rotterdam et ont été bannis par l’Organisation maritime internationale .
Ils se sont avérés être aussi des leurre hormonaux capables à faible doses de masculiniser les femelles de certaines espèces aquatiques, et on peut craindre des effets similaires sur d’autres espèces, dont l’Homme. De nombreuses alternatives sont testées ou vendues, mais rares sont celles qui ne semblent pas poser de problèmes d’environnement ou de santé.
Ce sont des polluants de l’annexe 2 de la stratégie de l’OSPAR. Comme le plomb, ils sont interdits dans les peintures qui en contenaient 20 % à la fin des années 1980 et qui en Europe n’en contiennent théoriquement plus .