Archive for the 'article scientifique' Category

Attention, on marche sur des oeufs

En ce début de printemps, les Gravelots à collier interrompu, Grands gravelots, Sternes naines, Huîtriers-pies et autres oiseaux du bord de mer reviennent de leurs quartiers d’hivernage africains pour se reproduire en France métropolitaine. En Outre-mer, les tortues marines et de nombreuses espèces d’oiseaux de mer pondent également sur les plages.

Le Conservatoire du littoral, l’Office français de la biodiversité, l’Office national des forêts, la Ligue pour la protection des oiseaux, Rivages de France et le réseau de la protection de la nature en France appellent à la vigilance !L’opération « Attention, on marche sur des œufs ! »vise à sensibiliser les usagers du littoral et les gestionnaires de plages au respect de la faune sauvage qui partage ces espaces souvent touristiques et fréquentés.

Lors du déconfinement de mai 2020, un appel similaire avait permis une mobilisation exceptionnelle afin d’éviter une hécatombe de nids et de poussins installés sur des sites inhabituellement désertés par les humains. En informant le grand public, en alertant les services responsables du nettoyage des plages, en identifiant voire en isolant les nids par un balisage à caractère pédagogique, il a été possible d’épargner la biodiversité littorale menacée.

Cette année, le repérage des installations d’oiseaux a débuté et, en lien avec les collectivités, des équipes d’animateurs vont de nouveau alerter et informer le public afin d’anticiper les impacts de la fréquentation des sites naturels du littoral. Les attitudes à adopter, dans le respect des consignes sanitaires, pour réduire votre impact et sauver les poussins : – vérifiez que l’accès au site du littoral où vous souhaitez vous rendre est autorisé ;

restez sur les sentiers balisés ;

– tenez strictement votre chien en laisse ;

– évitez de fréquenter le haut de plage, les dunes de sable ou végétalisées en arrière-littoral ;

évitez les zones balisées avec une signalétique adaptée à l’opération.

si vous voyez un oiseau posé au sol qui vous semble blessé ou pousse des cris répétés, éloignez-vous au plus vite car il s’agit de la manœuvre d’un oiseau adulte destinée à vous tenir à distance du nid ou une alerte indiquant la présence d’un nid ou de poussins ;

Pour en savoir plus sur la faune sauvage du littoral et les moyens de la protéger, rendez-vous sur les réseaux sociaux et les sites internet des partenaires de l’opération « Attention, on marche sur des œufs ! ». Vous souhaitez en savoir plus : Conservatoire du littoral : Anne KONITZ, Directrice de la communication du Conservatoire du littoral a.konitz@conservatoire-du-littoral.fr / 06 86 15 21 87 Contact local ONF Pays de la Loire : Christophe ROLLIER, Responsable Unité Territoriale Vendée christophe.rollier@onf.fr / 06 87 86 43 83

Trafic de pibales (civelles) a lire dans la revue XXI

La pibale (nom vernaculaire de la civelle) espèce menacée dont la pêche est soumise à des quotas en France, subi un braconnage sauvage, notamment dans le Sud-Ouest de la France c’est à dire chez nous. Recherchées principalement pour leur texture en cuisine, les civelles, ces alevins d’anguilles, font l’objet d’un trafic international, depuis la France vers l’Asie. Le journaliste Nicolas Legendre a enquêté pour la revue XXI / il est interviewé par Jacques Monin sur France Inter et l’écouter est passionnant. .https://www.franceinter.fr/emissions/l-interview/l-interview-28-novembre-2020

Nous rappelons que l’on trouvait des anguilles dans la zone humide du Communal il y a 40 ans (et moins). On en a vu cet été dans le chenal du Bétey. Des anguilles argentées, des anguilles qui retournent se reproduire peut-être dans la mer des Sargasses. La présence d’anguille argentée cet été dans le chenal du Bétey doit être signalée. Nous devons préserver nos anguilles : la qualité de l’eau dans le ruisseau du Bétey doit être restaurée.
Les anguilles subissent tous les effets de l’augmentation des activités humaines depuis le XIXe siècle : pollution, dégradation de leur habitat et de leur milieu naturel, présence de produits toxiques dans les eaux comme les produits phytosanitaires, mais aussi les résidus de cocaïne qu’on retrouve parfois dans les égouts. Elles ont succombé à des maladies importées du fait de l’utilisation d’anguilles qui venaient d’autres endroits de la planète, pour les besoins de l’élevage.La pibale ne peut pas naître en captivité : on n’est jamais parvenu pour le moment à observer la reproduction des anguilles. Les scientifiques pensent qu’elles se reproduisent dans la mer des Sargasses [une zone de l’océan l’Atlantique nord]. Mais ce n’est pas encore totalement sûr. On n’a, non plus, jamais trouvé d’œuf d’anguille. Le seul moyen pour élever des anguilles adultes à échelle industrielle, c’est de pêcher de jeunes civelles.Les civelles sont aujourd’hui protégées et le nombre de civeliers, c’est-à-dire ceux qui sont autorisés à les pêcher, est réglementé (500 aujourd’hui). Un grand merci à Nicolas Legendre pour cette enquête et à Jacques Monin pour l’avoir fait connaître.



Vagues et confinement au Bétey

Y a-t-il un rapport entre la lumière du soleil couchant et les vagues telles que nous les observons au « soleil couchant » ? Gérard Falguières répond à cette question : si l’on parle de la fréquence (nombre d’ondes ou vagues par unité de temps) qui est une caractéristique du rayonnement (ondes électromagnétiques du soleil ou ondes des vagues), il n’y a aucun rapport, ou plutôt aucune incidence de l’un sur l’autre, mis à part le fait que tout comme la lune le soleil joue un rôle sur le cycle des marées.
Les vagues ou ondes se caractérisent aussi par leur amplitude (hauteur, distance entre deux). Concernant les rayons du soleil la fréquence est différente pour chaque couleur du spectre. Cette diffraction (séparation des couleurs) dépend de l‘atmosphère plus ou moins humide ou polluée, mais aussi de la position du soleil. Le rouge observé au couché est donc influencé indirectement par l’évaporation de l’eau de la mer, mais non pas avec la marée. Concernant les vagues, aucune incidence du soleil sur leur fréquence ou leur amplitude. Leur déplacement et leur amplitude dépendent de la profondeur d’eau, de la force et l’orientation du vent, de la pression atmosphérique mais aussi des perturbations « internes » (séismes par exemple), ou externes (chute de corps). Par contre l’amplitude des vagues (hauteur) peut nous paraître (effet d’optique) plus importante lorsque les rayons du soleil sont rasants
C’est juste un effet d’ombre et de lumière qui accentue l’effet de relief.
Ce que l’on peut aussi observer sur le sable. Nos empreintes de pied sont beaucoup plus visibles au soleil couchant que lorsque le soleil est au zénith.
La distance réelle entre les vagues ne pourrait être mesurée qu’en se positionnant à leur verticale (en avion par exemple). Leur appréciation diminue en fonction de la diminution de l’angle d’observation.

Revue de presse été 2019

Sud ouest 11 septembre 2019.
La malchimie
Gisèle Bienne; Actes Sud, 2019.

Ce récit retrace l’histoire d’un empoisonnement.

La malchimie témoigne de l’affection d’une sœur ayant perdu son frère, ouvrier agricole mort de la nocivité des produits phytosanitaires qu’il a manipulés pendant des décennies sans protection, autant que de l’urgence à combattre le tout-chimique. Un récit emporté par la force incandescente d’une romancière qui a su bâtir de livre en livre un univers rare et complexe.

Sylvain et moi traçons notre sillon de chaque côté d’une ligne de démarcation qui s’est creusée malgré nous. Je suis étudiante, il conduit le tracteur de son patron, laboure, ensemence, moissonne les champs de son patron et les “traite”. “Traiter”, il a commencé jeune. On traite contre les maladies, pour les rendements, la propreté. On traite dans la plaine de façon préventive, curative, et intensive toujours. On traite, c’est radical et ça rapporte. Les engrais, les produits phytosanitaires, la terre absorbe tout cela

Pendant les Trente Glorieuses, on ne savait pas. C’était l’éloge de la chimie, dans tous les domaines, domestique, agricole. et on y croyait. On croyait en la science, au progrès, la publicité de Monsanto était irrésistible. (Gisèle Bienne)

 

Monoculture de pin Douglas et qualité de l’eau;


Une alternative à la monoculture de pins Douglas. Ce n’est pas la même échelle de temps. La parcelle dite Colbert 2 abrite des chênes de 250 ans. C’est la nature du sol qui détermine la hauteur de l’arbre

Article complet sur les monocultures de Douglas dans le Limousin et leurs conséquences

https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/agriculture/les-forets-de-douglas-rendent-elles-imbuvable-l-eau-du-robinet-en-limousin_12917224/ [consulté le mercredi 31 juillet 2019]

Une nouvelle coupe de bois dans la forêt de La Teste indigne les défenseurs, le propriétaire se justifie

A quelques encablures de la Dune du Pilat, des usagers et des adhérents de l’ADDUFU (Association de Défense des Droits d’Usage et de la Forêt Usagère de la Teste) ont mené une action coup de poing tôt ce dimanche matin pour dénoncer une coupe « illégale » de pins vifs opérée dans le site classé de la forêt usagère de La Teste. https://rue89bordeaux.com/2019/07/nouvelle-coupe-de-bois-illegale-site-classe-de-foret-de-teste/ [Consulté le lundi 29 juillet 2019]

Fonctionnement du Bassin d’Arcachon par Jean-Marie Froidefond

Le Bassin d’Arcachon fonctionne un peu comme nos poumons (poster n°1). Par l’intermédiaire de la marée, les eaux marines pénètrent dans le Bassin et renouvellent en partie l’eau, sauf au fond du Bassin où elle se renouvelle moins souvent, d’où des niveaux de pollutions plus élevés (poster n°2). Les pollutions dues aux activités humaines s’accumulent (pesticides agricoles, antifouling, turbulences dues aux hélices, bruits, pollutions par ruissellement…) Le poster n°3 montre comment, à notre niveau, nous pouvons utiliser des alternatives (déplacement par des transports en commun, à vélo, à pied, utilisation de produits moins nocifs pour l’environnement, pour les loisirs nautiques le bateau à voile ou le canoé…)

Bruant ortolan : une disparition programmée.

« Si on continue à chasser l’ortolan, on fera disparaître l’ortolan et la chasse à l’ortolan », dit à l’AFP Frédéric Jiguet, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle, et auteur principal de l’étude publiée mercredi 22 mai 2019 dans la revue américaine Science Advances. https://advances.sciencemag.org/content/5/5/eaau2642.abstract

 » En France, la chasse illégale du bruant Ortolan Emberiza hortulana, menacé d’extinction, a été défendue au nom de la tradition et de la gastronomie. Les chasseurs ont fait valoir que les bruants d’Ortolan pris au piège dans le sud-ouest de la France proviennent de populations importantes et stables dans toute l’Europe. Pourtant, la Commission européenne a renvoyé la France devant la Cour de justice de l’Union européenne (UE) en décembre 2016 pour infractions à la législation (IP/16/4213). Or, les chercheurs ont démontré que les bruants ortolans qui migrent à travers la France proviennent des populations du nord et de l’ouest, qui sont petites, fragmentées et en déclin. La modélisation de la viabilité des populations a également révélé que le prélèvement dans le sud-ouest de la France est loin d’être durable et augmente le risque d’extinction. Ces résultats fournissent les preuves scientifiques suffisantes pour justifier l’interdiction de la chasse à l’ortolan en France.

Les auteurs de ce blog rajoutent qu’avec le bruant ortolan, les rouge-gorge, mésanges et autres oiseaux familiers peuvent être pris dans les pièges et seront ensuite consommés sous le nom d’ortolan.

Un risque d’extinction de 66% d’ici 100 ans ?

Le plus optimiste des scénarii conduirait à un risque d’extinction de 66% d’ici 100 ans, si le braconnage était réduit de 15 000 oiseaux par saison (une ancienne étude estimait à 30 000 le nombre d’ortolans chassés par an en France, et c’est le nombre que réclamaient les chasseurs dans une demande de dérogation en 2013). « Prélever 30 000 oiseaux en automne parmi ceux qui passent en France, c’est une part non négligeable de contribution au déclin de l’espèce« , dit Frédéric Jiguet.

Comme tous les oiseaux des champs, les ortolans sont aussi victimes de l’agriculture moderne, de la baisse des populations d’insectes, des pesticides… Mais la chasse, qui se pratique notamment dans les Landes, en Gironde, Dordogne, Lot-et-Garonne et Pyrénées Atlantiques, joue bien un rôle considérable.

« L’arrêt de la chasse donnerait en moyenne deux fois plus de chances à l’ortolan de s’en sortir », résume Frédéric Jiguet. « Cela ne va pas forcément le sauver. Après, il faudrait changer le modèle agricole« .

les références :

Science Advances  22 May 2019:
Vol. 5, no. 5, eaau2642
DOI: 10.1126/sciadv.aau2642

la revue :

Science Advances a été créée en février 2014 et la revue a publié ses premiers articles début 2015 [2]. Au milieu de l’année 2018, le journal a publié l’un des facteur d’impact les plus élevés de tous les journaux en libre accès. https://fr.wikipedia.org/wiki/Science_Advances