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Smurfit-kappa condamnée en appel par la cour d’appel de Bordeaux

La cour d’appel de Bordeaux a rendu sa décision mardi  17 février 2015 en début d’après-midi. La société Smurfit Kappa  est condamnée à  30 000 euros d’amende et  à verser 35 000 euros de dommages et intérêts aux parties civiles. Cette filiale d’un groupe de papeterie irlandais  était poursuivie pour la rupture d’une cuve contenant de la » liqueur noire », un sous-produit de la production de pâte à papier. Rappel des faits :  le 5 juillet 2012, en début d’après-midi une cuve de l’usine de papeterie de la Smurfit-Kappa à Facture (la cellulose du pin)  explose. Une partie des 4.160 m3 de «liqueur noire» contenue  dans la cuve s’écoule dans le Lacanau, un ruisseau classé qui longe l’usine, affluent de La Leyre.  Très vite le préfet interdit la baignade et la navigation sur la Leyre. Les habitants du delta doivent fermer leurs écluses. Quelques jours plus tard on retrouve 300 kg de poissons morts. On ne parle pas  de l’impact de la liqueur  noire sur les mammifères aquatiques et des oiseaux.

En première instance, en juin 2013, le tribunal correctionnel avait relaxé la société, estimant que la pollution relevait «d’un accident exceptionnel». Le Parquet et les parties civiles, associations représentatives des pêcheurs, de défense de l’environnement et ostréiculteurs ont fait appel. la société s’était défendue en arguant que «le cuvier avait en tout point une épaisseur suffisante pour contenir les 4.160 m3» de liqueur noire. Nous rappelons que cette cuve datait de 1974. Elle avait été installée lors de la première crise pétrolière pour contenir des produits pétroliers et non de la liqueur noire.

Les associations de protection de la nature ont mis en avant les 1.200 molécules de la liqueur noire, dont on ignore le processus de dégradation et les éventuelles recombinaisons dans les vases du Bassin. Le tout constitue «une bombe à retardement».

L’incident avait entraîné sept semaines d’arrêt de l’usine employant 450 salariés.

pour en savoir plus :  lire  les articles de ce site consacré en juillet 2012 au sujet :

les salariés de l’usine qui raconte le traitement de l’accident sur place

la soude caustique qui rappelle la signification du terme « caustique »

la pollution de la Leyre par SMURFIT-KAPPA et autres qui relate la chronologie de l’accident.

et visualisez les photos aériennes faites par Stéphane Scotto

Une synthèse sur la situation (qualité des eaux, liqueur noire et warf de la Salie)

2012 26 juillet SMURFIT KAPPA    Présentation SKCP juillet 2012

   
Une synthèse claire bien qu’un peu longue  de la situation par le site caducee.net :
http://www.caducee.net/breves/breve.asp?idb=10961&mots=all

et toujours le reportage de Stéphane Scotto (que d’aucuns confondent encore avec Vincent Scotto) qui résume très bien les problèmes du bassin en mettant le doigt sur les causes  de la mauvaise qualité des eaux du bassin.

Les salariés de l’usine SMURFITT-KAPPA

Il serait intéressant que les salariés de l’usine SMURFIT KAPPA nous racontent ce qu’ils ont vécu : l’explosion d’un produit toxique
Leurs efforts pour empêcher la liqueur noire de se répandre partout, leur recherche de sable, de copeaux de bois pour renforcer la petite digue, tout cela en marchant dans un liquide toxique et visqueux qui bouffait leurs semelles, leur crainte de ce qui est arrivé, leurs efforts pour repomper dans le lacanau ce qui avait débordé…
Et maintenant, leur crainte de perdre leur salaire…

Mais que personne ne se trompe de combat : il y a des faits et c’est tout.

il y a une explosion, 100 m3 de liqueur noire dans la LEYRE, des dommage immédiats : 300 kilos de poissons morts et des mammifères aquatiques, des dommages ultérieurs (une loutre fragilisée par ce poison qui  ne portera pas ses petits à terme etc.) et des dommages qui se rajoutent sur un bassin déjà fragilisé (quels effets sur les huîtres à long terme ?)

Il y a la décision de traiter  20 000 m3 (une partie des déchets du bassin Saugnac)  en les évacuant par une noria de camions jusqu’à un centre de traitement des déchets où ils seront brûlés

il y a la décision constestée par les deux manifestations de samedi 28 juillet de verser après l’avoir encore dilué dans l’usine interne de traitement des eaux de la Smurfit kappa  le reste du contenu du Bassin Saugnac dans le warf de la Salie.

Il est vrai que l’on se pose des questions : si d’autres cuves près desquelles travaillaient les salariés avaient explosé ?



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