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retour sur la conférence de Gilles Boeuf du 11 septembre 20152

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jacques storelli et...

jacques storelli Vendredi 11 septembre 2015, g

 

Gilles Boeuf venait nous parler de la protection de la biodiversité. Pourquoi la protéger ? Parce que la biodiversité, c’est nous.

Quelques photos… le texte viendra dans le courant de la semaine…

 

 

Océan

Pour nous ce sont ces vagues énormes dans lesquelles nous nous roulons à marée montante. Le grand Crohot, le Porge, le Petit Nice d’avant le warf de la Salie sont des mythes de notre enfance. Au bout d’une petite route forestière, on arrête la voiture sur un parking à peine tracé. On traverse à pied la forêt de vieux pins remarquant des traces de vie animale puis la dune grise, sauvage se perdant à l’horizon. De l’ancien cailleboutis, il ne reste que quelques vieux débris de bois. On s’enfonce dans le sable, l’air sent le safran. En haut de la dune blanche : l’émerveillement : on découvre l’océan, son immensité, ses rouleaux de vague … et les déchets sur la laisse de mer… La mer monte : et c’est parti pour une journée de joie pure….
Mais pour un scientifique, l’océan se conjugue avec des chiffres.
Recouvrant 75% de la surface de notre planète, avec une estimation de connaissance actuelle de 5% de la biodiversité marine, l’océan constitue un réservoir de promesses pour l’avenir de l’humanité. Chaque jour, de nouvelles espèces sont découvertes (environ 1600 chaque année) et apportent des solutions aux problèmes posés pour nourrir et soigner les 9 milliards d’humains qui se profilent à l’horizon 2050.
La découverte de la complexité de la vie marine révèle le rôle clé de l’océan dans la machine climatique. Les micro-algues joueraient le rôle de poumon et le micro-plancton celui de capteur d’azote,

Le changement climatique et les pollutions ont  des impacts sur les ressources marines et notamment sur leurs cycles de vie, par le biais de modifications de courants et de températures, l’acidification de l’océan, l’élévation du niveau des océans… Or le maintien d’un océan en bonne santé est essentiel à la régulation climatique générée par ce même océan.

Comment sortir de ce cercle vicieux pour que la santé des océans et des hommes soient préservés, qu’un équilibre entre ressources et besoins soit trouvé ? Une meilleure connaissance de l’océan, de son fonctionnement et de ses ressources, est la condition sine qua non de sa préservation.

Pour en savoir plus, consultez le site de la Greencross  http://gcft.fr

Et celui de l’Institut océanographique Paul Ricard. http://www.institut-ocean.org/index.php

 

Oléron la lumineuse des nouvelles de notre correspondant local

L’odeur des pins emplit mes narines. Parfum de soleil enrichi de celui des Immortelles. Encore quelques mètres et mes pieds entrent en contact avec le sable moelleux et chaud de la plage de Plaisance. L’anse de la Malconche me sourit sous la brise. Sous tribord le fort Boyard et la pointe des saumonards, l’île d’Aix, Fouras. Par bâbord le port du Douhet puis le phare de chassiron. Droit devant, au delà du sable blond, les dégradés bleus verts de l’océan et au loin, La Rochelle et Ré. Ma conscience est pleinement éveillée à ces couleurs, ces parfums et surtout à cette lumière chaude et douce qui inonde mon champ visuel… Alors je me glisse dans l’eau de mer avec un soupir de relâchement et de joie sans partage!Phare de Chassiron
Voila ce que m’offre Oléron la Lumineuse, chaque année depuis 40 ans. Pas étonnant que j’y sois très attaché! Un site aussi paradisiaque a tout d’une réserve naturelle. Mais pour cela, il faut l’accord des Affaires Maritimes. Et ces dernières viennent d’en décider autrement ! L’anse est en effet sous le coup d’une offensive ayant pour objet l’industrialisation massive de la production d’huîtres triploïdes au profit des plus gros producteurs locaux et nationaux, et avec l’appui de capitaux internationaux. 400 millions d’euros vont être investis au cours des cinq prochaines années pour créer un parc géant dédié à la conchyliculture. Ce dernier va générer 500 à 800 tonnes de vase par jour à quelques hectomètres de la dernière côte familiale de l’île!

Deuxième île de France par sa superficie après la Corse, Oléron ressemble à un losange orienté quasi nord-sud. La côte ouest est exposée à l’océan, un bonheur pour les sports nautiques, mais plus difficile d’accès pour les familles. Pour la côte est de l’île, toute les plages du sud de Boyardville ont été colonisées par les cultures ostréicoles. Bien des sites ne sont plus exploitables par les ostréiculteurs, car jusqu’à 2 mètres de vase on progressivement recouvert leurs tables. Et impossible de s’y baigner, c’est trop dangereux! Il ne reste donc plus aujourd’hui que l’anse abritée de la Malconche pour accueillir les familles avec de petits enfants ou les personnes âgées. Mais plus pour longtemps!

Il y a 40 ans, la pêche au sens large était le moteur économique du département. La Cotinière était le second port crevettier de France. Aujourd’hui, la principale activité de la Charente Maritime est devenue le tourisme. Malgré cela, La Préfecture, les Affaires maritimes, soutenus par l’IFREMER dont les capitaux viennent pour une part importante de multinationales comme Unilever ont validé le projet de parc conchylicole, contre tout bon sens économique!

Pourtant, les bienfaits attendus sont faibles. Depuis que le public veut manger des huîtres en toute saison, les labos ont développé les diploïdes, triploïdes et tétraploïdes. Ces huitres stériles ne sont donc pas laiteuses une fois l’été venu. En revanche, il faut acheter les naissains au prix fort. Quand ceux-ci se développent à l’abri d’écloseries, le taux de survie est élevé. Malheureusement, en pleine nature, ce sont 90% de ces bébés éprouvettes qui périssent. L’IFREMER espère que le nouveau site de la Malconche permettra de ne perdre que 80% de ces naissains. C’est sur cet espoir insensé, que le projet a été bâti, au profit des industriels, mais pas de la population. Les élus locaux s’opposent à un projet dont le lancement s’est fait brutalement sans aucune consultation ni annonce. Les petits ostréiculteurs qui visent la qualité ont besoin d’un soutien, mais plutôt pour moderniser les parcs actuels que pour ces investissements qui ne leurs sont pas destinés. Enfin, c’est tout le potentiel touristique de l’île qui va en être affecté.

Tout cela n’a pas beaucoup de sens. Mais 400 millions d’euros ouvrent bien des portes! Une telle somme aurait vocation à être investie au profit de la première activité économique du département. Lorsqu’il était question que la France accueille les Jeux Olympiques, un projet de bassin de plaisance international avait été envisagé. Habilement complété d’un soutien aux producteurs locaux les intégrant au paysage touristique, cet investissement aurait un pouvoir d’entrainement économique bien plus fort et pérenne que de prendre à Pierre et à Paul au profit de « Industries SA »!

J’accuse! Les affaires Maritimes pour leur rôle de juge et partie! L’IFREMER pour le miroir aux alouettes que représente cette proposition sans garanties de bébés éprouvettes voués à mourir à 80% au lieu de 90% ! La Préfecture pour vendre un des joyaux touristiques de la côte pour un bénéfice qui ne reviendra jamais en Charente Maritime! Toutes ces parties sont en train de construire une « étoile noire » au vu et au su de tous. Oléron la Lumineuse? Plus pour bien longtemps…

Une association s’est créée pour essayer de ralentir ce projet insensé. Elle n’a que peu de moyens. Pour vous qui me faites l’amitié de lire ces quelques lignes, merci de faire circuler cette information aussi largement que possible! Toutes vos idées et propositions seront chaleureusement écoutées et votre soutien est bienvenu!!!!

Et si on ne mangeait des huîtres que les mois en R? L’aile ou la cuisse?

Laurent Boudoin

LE MILIEU MARIN AQUITAIN conférence du 14 avril à Biscarosse

Le comité de vigilance de Biscarrosse avec la ville et l’Office du Tourisme de Biscarrosse organisait samedi 14 avril une conférence débat sur le thème « plaidoyer pour un océan propre, les milieux marins aquitains ». L’occasion d’assister à des présentations sur l’état de l’environnement et des ressources en milieux marins aquitains et sur le problème de la qualité des eaux et des atteintes au milieu marin.

En introduction de cette conférence, M. Dudon, maire de Biscarrosse, rappelait l’importance du travail effectué par le comité de vigilance et rendait hommage à son animateur, René Capo, notamment dans le travail pour contrer les effets du Warff de la Sallie et empêcher le clapage en mer des boues de dragage du bassin d’Arcachon. Il insistait également sur la nécessité de conserver l’héritage de l’environnement que nous laisserons aux générations futures. En cela il s’adressait aux conférenciers en espérant qu’ils pourront présenter quelques assurances pour l’avenir. Mais il rappelait également le rôle de chacun d’entre nous dans la prise de conscience de tous les jours et insistait, au final, sur le nécessaire changement d’optique pour passer d’une vue où sont essentiellement valorisés les enjeux économiques à une vue où les enjeux environnementaux seront également considérés pour trouver le bon équilibre. Il insistait notamment sur l’évolution de fond qui ne pouvait passer que par la jeunesse, ce à quoi s’attellent les collectivités locales notamment auprès des écoles et les collèges. Il attendait de cette conférence qu’elle puisse mettre en évidence les enjeux liés à la conservation des espèces littorales et même intérieures qui font partie de l’héritage que nous laisserons aux générations futures.

Le premier conférencier, Iker Castège, directeur d’un programme régional au Centre de la Mer de Biarritz intitulé: « Environnement et ressources en milieux marins aquitains » venait nous présenter les résultats de ce programme d’études et insistait sur la biodiversité marine particulièrement en Aquitaine. C’est la position de l’Aquitaine et sa géographie qui explique en très grande partie la biodiversité remarquable que l’on peut y constater.

Les éléments explicatifs de cette biodiversité sont :

•la diversité de l’habitat avec les plages de sable fin au nord de l’Adour et les côtes rocheuses du Pays basque,
•la présence d’embouchures de grands fleuves qui, par les panaches en mer et les zones de mélange d’eau salée et douce, déversent une grande quantité d’éléments nutritifs et sont des zones de mélange de bio-habitat,
•la morphologie du plateau continental présentant deux caractéristiques majeures d’une part une étendue vers le large assez restreinte et d’autre part la présence de canyons profonds très près des côtes qui vont favoriser un afflux d’éléments nutritifs très important, le canyon au large du CAP FERRET et le canyon de Capbreton
•La latitude enfin de l’Aquitaine qui se trouve au 45e degré nord dans une zone de limite bio-géographique où les espèces boréales et les espèces méridionales vont pouvoir se retrouver toutes les deux.
Néanmoins cette biodiversité est impacté par divers facteurs aussi bien humains que climatiques. C’est l’objet du programme du Centre de la Mer de Biarritz que de tenter d’en établir les conséquences. Pour cela un suivi des prédateurs supérieurs jusqu’au plus petits organismes comme le plancton est réalisé : relevé d’abondance par observation directe sur zone ou par l’intermédiaire de divers réseaux comme le réseau national des échouages ou le réseau des pêcheurs ; observation sur l’estran pour les plus petits organismes comme les vers ; relevé et analyse des eaux pour le plancton dans des zones ciblées en particulier sur le gouffre de Cap Breton.

L’observation sur les oiseaux marins et les cétacés renseigne sur l’état de santé de l’ensemble de la chaîne alimentaire puisque leur présence serait le signe d’une nourriture abondante. Ces observations servent d’indicateurs et d’alarme en cas de dégradation mais aussi fournissent des éléments pour la détermination des aires maritimes protégées.

Parmi les dégradations et les menaces, on trouve les marées noires comme l’Erika en 1999 et le Prestige en 2002 et les risques liés à la pêche. L’impact des marées noires est particulièrement important sur les oiseaux marins ; il se traduit par un abandon rapide de sites et une remontée beaucoup plus lente des populations. Les risques liés à la pêche accidentelle des cétacés sont difficilement mesurables et la corrélation avec les échouages constatés sur les plages semble ne pas être automatique, les échouages se produisant surtout en période de forte abondance en mer. Il n’empêche, comme l’a précisé Iker Castége, qu’on voit encore trop souvent des cétacés échoués montrant des traces de blessures par filet et qu’il faut continuer à lutter contre ce risque, les pêcheurs eux-mêmes en sont tout à fait conscients, étant les premiers concernés par la perte de filet que cela peut occasionner.

L’impact océano-climatique est quant à lui visiblement très important dans notre région du fait de son positionnement en latitude. L’étude menée démontre qu’on est passé depuis les années 1970 de conditions plutôt dépressionnaires avec forte pluviométrie par exemple à des conditions plutôt anticycloniques ces dernières années. Le constat sur l’évolution des espèces est qu’il y a une corrélation entre l’augmentation d’espèces d’eau chaude et la diminution d’espèces d’eau froide dans notre région. De ce fait 40 à 60 % de l’évolution est expliquée par l’évolution climatique ; l’autre partie étant due à l’activité anthropique.

En conclusion, Iker Castége met en avant la richesse du patrimoine et de la biodiversité sur le littoral aquitain. Mais il insiste sur les changements dus à l’activité humaine ou des événements exceptionnels comme les marées noires qui, intervenant dans un contexte de pression majeure exercée par le changement climatique, conduisent à fragiliser encore plus certaines espèces. De ce fait, on assiste à une certaine perte de biodiversité notamment avec une relative diminution voire disparition d’espèces boréales dans notre région.

Olivier Barrière, biologiste de formation et consultant en environnement, est venu faire un tour d’horizon de la situation réglementaire concernant la qualité des eaux de baignade ainsi qu’un panorama de tous les facteurs de dégradation de la qualité des eaux.
Enfin un film de Bernard Mermod nous a appris que la mortalité des pins et arbres côtiers que l’on peut voir tant sur la plage du Petit Nice qu’à Porquerolles est due à nos lessives.
Celles-ci contiennent des tensio-actifs qui ne sont pas éliminés par les stations d’épuration. Ces produits tensio-actifs se retrouvent dans l’océan et dans les embruns. Les arbres côtiers recoivent les embruns chargés de tensio-actifs. Ces derniers attaquent la pellicule de cire qui recouvre les feuilles ou les aiguilles.
Elles sont fragilisées et sensibles aux attaques du sel marin. Les arbres meurent donc, rongés par le sel.
Enfin la conférence s’est terminée par le lancement de l’appel de Biscarosse
face à l’accumulation alarmante des tteintes portées au milieu marin et aux zones littorales, les membres du collectif Aquitain contre les rejets en mer appelent solennellement à :
-mobiliser les connaissances et les consciences individuelles et collectives afin de changer cette logique irresponsable qui attribue à l’Océan un pouvoir d’épuration infini.
– promouvoir et soutenir toute action visant à limiter l’impact des activités humaines sur le milieu marin
– à mieux maîtriser les activités implantées sur les bassins versants
– à protéger d’urgence les zones littorales
-à mieux évaluer les effets à court, moyen et long terme et à chiffrer le coût réel des atteintes portées à l’Environnement Marin,
-à informer, alerter pour dénoncer tout rejet préjudiciable à l’envionnement au regard de la législation en vigueur en s’appuyant si nécessaire sur des connaissances scientifiques.
Cet appel est un appel à la raiosn : il n’est plus supportable que l’océan demeure l’ultime réceptacle des rejets non dégradables provenant des activités humaines,
Il porte un double espoir, que les plages et océan continuent de nourrir nos rêves d’aujourd’hui et que les générations futures perpétuent le bonheur de pêcher coquillage et crustacés…
le samedi 14 avril 2012

remerciements à Naviguer en Aquitaine, René Capo et tous ceux que j’aurais oublié

http://www.naviguerenaquitaine.com/le-developpement-durable/36-protection-des-eaux/1862-qplaidoyer-pour-un-ocean-propre-le-milieu-marin-aquitainq-a-biscarrosse–1ere-conference-de-iker-castege-1ere-partie.html